Georges-Louis Bouchez : "Zuhal Demir a pris une décision en faveur de l'environnement, plutôt que l'inverse"

Le président du MR était invité au micro de La Première ce mercredi matin.

La Rédaction

En pleine Cop 26, la Belgique se dispute sur les objectifs climatiques à atteindre d'ici 2030. La ministre flamande de l'Environnement Zuhal Demir (N-VA) réclame que l'Union européenne revoie à la baisse l'objectif de 47 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Une réclamation qui n'est pas soutenue par le Premier, Alexander De Croo, et le reste du pays. Sur Twitter, Philippe Henry (Ecolo), ministre wallon du Climat, de l'Energie et de la Mobilité a annoncé le blocage des discussions belgo-belges à Glasgow. "Nous sommes malheureusement dans l'impossibilité d'aboutir à un accord intra-belge suffisamment ambitieux à court terme sur le partage des efforts en matière de politique climatique. Trop de distance subsiste entre les ambitions des uns et des autres", pointait-il.

En plus de ce blocage, on sait que la ministre flamande du Climat, Zuhal Demir, refuse d'octroyer le permis nécessaire à la construction d'une centrale au gaz à Vilvorde. La N-VA, au pouvoir en Flandre mais pas au fédéral, chamboule donc le projet fédéral de sortie du nucléaire. Ce qui déplaît à certains, mais pas spécialement à Georges-Louis Bouchez, président du MR. "Avouez quand même, qu'aujourd'hui, on tape beaucoup sur la N-VA et la ministre Zuhal Demir qui est dans son champ de compétences. On a voulu une Belgique régionalisée, il faut en assumer les conséquences", lance le président. "Lorsque Groen dit que le jeu de la N-VA est dangereux, ce qui est dangereux ce sont ceux qui nous font croire que le CRM (NdlR: Mécanisme de Rémunération de Capacité) nous garantit une forme d'approvisionnement. Ce n'est pas le cas. Et quand j'entends les motifs de refus de ce permis, on parle quand même de rejets excessifs d'azote et de méthane en pleine Cop 26. Je trouve que Zuhal Demir a pris une décision en faveur de l'environnement, plutôt que l'inverse."

Un jeu politique ?

Le permis a pourtant été octroyé pour la nouvelle centrale au gaz de Gand, où il y aura aussi méthane et azote. Serait-on face à un jeu politique sur un enjeu aussi important que la sortie du nucléaire ? Georges-Louis Bouchez fait une différence entre Gand et Vilvorde. "Il n'y a que deux nouvelles centrales dans le projet. C'est Vilvorde et les Awirs. Gand est une extension de capacité d'une centrale existante. Selon la ministre flamande du Climat, on n'est pas dans le même niveau de rejet d'azote et de méthane. Vilvorde est une nouvelle centrale qui doit donc répondre aux nouvelles normes de la Région flamande." Alors que fait-on ? On cherche un autre projet, peut-être en Wallonie ? "La Wallonie n'a pas vocation à être l'usine à CO2 du pays. Je m'inquiète de voir ce processus qui impliquerait que toutes les centrales au gaz soient en Wallonie, avec toutes les conséquences négatives que ça implique pour les riverains qui habitent autour de ces centrales." Le MR et son président proposent donc à nouveau de rediscuter du prolongement du nucléaire.

Le MR prend-il ses distances par rapport au fédéral sur ce sujet ? "Pour le moment, une partie du gouvernement dit très clairement qu'il faut une fermeture mais une majorité des partis ne se sont pas exprimés. Je ne sais pas ce que dit le PS, le SP.A, le CD&V... D'autant que nous, au MR, respectons l'accord de gouvernement. La sortie du nucléaire est conditionnée par la sécurité d'approvisionnement , et ce n'est pas le cas, la garantie des prix et un accord transversal de moins 55% de CO2. Mais comment voulez-vous atteindre cet objectif de moins 55% si vous ajoutez deux centrales au gaz ?". Pas question toutefois de parler de crise gouvernementale pour le moment, selon le libéral. "Je ne fais pas de menaces", assure-t-il. "Je veux travailler dans le cadre du gouvernement et convaincre mes partenaires qu'aujourd'hui nous avons besoin d'une production électrique bas-carbone, et actuellement, c'est le nucléaire".

Les bleus envisagent donc de"prolonger le nucléaire et d'étudier l'implantation de centrales nucléaires dernière génération comme cela a été annoncé en France. [...] C'est un choix de société. Je n'aime pas le nucléaire mais j'aime encore moins les émissions de CO2."

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