Petit à petit, certains politiques se positionnent en faveur de la vaccination obligatoire

Le vaccin contre le Covid va-t-il devenir obligatoire pour tous les Belges? C'est la question que beaucoup de Belges se posent, alors que petit à petit, plusieurs politiques se positionnent en faveur de cette mesure.

Petit à petit, certains politiques se positionnent en faveur de la vaccination obligatoire
©BELGA(Montage)
Ad.R.

La situation épidémiologique actuelle de notre pays va-t-elle pousser les autorités à élargir l'obligation vaccinale à toute la population, après avoir décidé de l'imposer aux soignants? À la veille d'un Codeco important, la question est légitime, et nos ministres de la Santé sont favorables à cette mesure, ou en tout cas souhaitent ouvrir le débat.

Contrairement à plusieurs partis et ministres du fédéral, le Premier ministre n'est pas en faveur de la vaccination obligatoire. Il l'a fait savoir ce mercredi sur le plateau de LN24.

Auparavant opposé à cette obligation vaccinale pour tous, Frank Vandenbroucke a en effet déclaré auprès de VTM Nieuws dimanche qu'il était désormais "en faveur d'une obligation générale". "Nous ne l'aurons pas tout de suite, mais pour moi ce débat peut commencer", a affirmé le ministre fédéral, également pour une extension de la vaccination aux enfants de 6 à 11 ans. La question sera donc sur la table du Codeco, semble-t-il.

D'autant plus qu'il n'est pas le seul à se positionner de la sorte. Christie Morreale, son homologue wallonne, penche aussi pour "aller plus loin" dans la vaccination, si le choc de la quatrième vague est trop important dans les hôpitaux. Dans ce cas, "il faudra mettre sur la table l'obligation vaccinale ou toutes les mesures qui conduiront vers une obligation vaccinale pour tous, je pense que c'est important", s'est exprimée dimanche Christie Morreale, rappelant que d'autres mesures, telles que le port du masque et le télétravail, restent importantes. En Flandre, Wouter Beke a fait savoir lui aussi qu'il souhaitait "fermement ouvrir ce débat", pour les mêmes raisons que la ministre wallonne de la Santé. "Je reçois des signaux inquiétants de nos hôpitaux. La résistance de notre personnel est forte, mais elle n'est pas illimitée", a-t-il déploré.

Une autre ministre flamande s'est également dite ouverte à la question de l'obligation vaccinale. Au micro de la VRT lundi, Petra De Sutter a souligné l'importance de ne pas créer "une dichotomie dans la société", comme en Autriche où les non-vaccinés ont été reconfinés par exemple. Favorable à de nouvelles mesures, la ministre fédérale de la Fonction publique souhaite donc ouvrir les discussions au sujet de la vaccination obligatoire pour tous.

"LA seule solution"

Et ce mardi, deux nouvelles voix politiques se sont exprimées en faveur de cette obligation: Maxime Prévot et Paul Magnette. Le premier, contaminé par le Covid-19, a affirmé que "grâce à son vaccin, le Covid devrait finalement avoir peu de prise" sur lui. Le bourgmestre de Namur s'est donc dit "convaincu qu’il faut à présent envisager la vaccination obligatoire pour les adultes n’ayant pas de contre-indication médicale". Cela pour "éviter une hystérisation de la société, un report de la reprise de la vie économique, des contraintes supplémentaires pour nos jeunes à défaut de parvenir à vacciner suffisamment les adultes, une discrimination exacerbée entre les gens et les secteurs, des tensions sur le terrain qui vont crescendo".

Paul Magnette, enfin, a lui eu des mots plus tranchés, affirmant ce mardi à SudInfo que la vaccination obligatoire était "LA seule solution cohérente" pour lutter contre le rebond épidémique que nous connaissons actuellement. Il a appelé à cesser "cette cacophonie sans nom de mesures différentes en fonction des régions" et à imposer le vaccin anti-Covid à tous les Belges de plus de 18 ans. Le ministre-président wallon socialiste, Elio Di Rupo, profitera d'ailleurs du Codeco de mercredi pour mettre le dossier sur la table des discussions, a d'ailleurs fait savoir son cabinet.

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