Abus chez PostNL: cela rappelle le 19e siècle, selon Petra De Sutter

La ministre de la Poste, Petra De Sutter, veut accélérer la mise en place de nouvelles règles pour les entreprises postales, a-t-elle indiqué mardi à la suite des contrôles menés par les services d'inspection dans des dépôts de PostNL.

Abus chez PostNL: cela rappelle le 19e siècle, selon Petra De Sutter
©Jean-Luc Flémal

Les situations décrites font penser selon elle "au 19e siècle de Daens". L'Inspection sociale, l'ONEm et les douanes ont mené lundi une opération de grande envergure dans les dépôts de l'entreprise néerlandaise à Malines, Wommelgem et Ardoye. A Wommelgem, différentes infractions ont été constatées, dont du travail illégal et du travail au noir. La chaîne de télévision VTM et le quotidien "Het Laatste Nieuws" ont de leur côté rapporté des situations d'abus, impliquant du travail au noir à grande échelle et même du travail de mineurs d'âge.

La ministre prépare un projet de loi qui établit des règles en matière de recours à des sous-traitants, notamment en déterminant le nombre de colis qui doit être livré par du personnel bénéficiant d'un contrat fixe. Elle va accélérer le mouvement afin de mettre un terme rapidement aux abus. "Plus nombreux est le personnel bénéficiant d'un contrat fixe, mieux il est protégé contre ce genre de pratique", a-t-elle expliqué.

"Si ce que je vois et lis à propos de PostNL est exact, ce qui se passe derrière les murs me fait penser au 19e siècle de Daens (prêtre flamand qui s'engagea dans le combat social, NDLR). Des sous-traitants qui recourent à des mineurs de 13, 14 ans, c'est du travail des enfants et c'est franchir largement la ligne rouge. Idem pour le recours à des livreurs qui n'ont pas de permis de conduire ou même travaillent au noir. Cela doit s'arrêter", a-t-elle souligné.

Les socialistes appellent également à combattre les abus. Selon Vooruit, il faut viser en premier les faux indépendants. "Les coursiers se foutent en l'air dans une course contre la montre, sous un statut d'indépendant sans protection sociale ni salaire décent", a dénoncé la députée Anja Vanrobaeys. "Nous devons inverser la logique: les coursiers doivent être considérés en premier lieu comme des travailleurs avec les droits et la protection sociale qui s'y rattachent. Et s'il est quand même question d'un statut d'indépendant, il faut le prouver".

La députée a déposé une proposition qui va dans ce sens à la Chambre.