Gilkinet au sujet de la vaccination obligatoire du personnel soignant: "Au-delà de soigner leurs patients, nous leur demandons de les protéger au mieux"

Ce matin, le vice-premier ministre Georges Gilkinet (Ecolo) était l'invité de Maxime Binet dans Il faut qu'on parle sur DH Radio. Il a livré son point de vue sur plusieurs sujets. Il a notamment été question de la sortie du nucléaire en Belgique, de la gestion de la crise sanitaire ainsi que de la sécurité routière.

Ce lundi soir, le Premier ministre français Jean Castex a été testé positif au Covid-19. Dans la journée, il avait rencontré Alexander De Croo dans le cadre d'une cérémonie d'hommage aux victimes des attentats du 22 mars 2016. Ils avaient ensuite été rejoints par plusieurs politiques belges: Annelies Verlinden, ministre de l'Intérieur, Sophie Wilmès, ministre des Affaires étrangères, Vincent Van Quickenborne, ministre de la Justice et Ludivine Dedonder, ministre de la Défense.

Dès lors, par mesure de précaution, ils ont été placés en quarantaine dans l'attente d'un test PCR négatif. Une situation qui s'annonce fâcheuse alors que plusieurs dossiers chauds sont sur la table (sortie du nucléaire, gestion de la crise sanitaire, etc.)

Pour Georges Gilkinet, il n'y a cependant aucune raison de s'inquiéter outre mesure pour le fonctionnement de la Vivaldi: "Nous serons en télétravail, en téléconférence, et cela ne nous a pas dérangés jusqu'ici pour prendre des décisions difficiles. Ce n'est pas confortable mais c'est possible", rassure-t-il.

Vers la sortie du nucléaire en Belgique

Interrogé sur la sortie totale, ou partielle, du nucléaire en 2025 en Belgique, le vice-premier ministre se dit optimiste et pense qu'une décision sera prise d'ici la fin du mois de novembre: "Les débats continuent, Tinne Van der Straeten (ministre fédérale de l'Énergie, ndlr) instruit le dossier avec beaucoup de professionnalisme en restant dans les lignes de l'accord de gouvernement. Si c'est possible, nous sortirons du nucléaire", assure-t-il. Selon lui, il y a d'ailleurs de fortes probabilités pour que la sortie du nucléaire en Belgique soit actée. En fin d'interview, il accorde ainsi 8 chances sur 10 pour que cette situation se réalise.

Un équilibre à trouver dans la gestion de la crise sanitaire

Concernant la gestion de la crise sanitaire, Georges Gilkinet estime qu'il faut trouver un équilibre entre la viabilité de notre système de soins de santé et la reprise d'une vie "normale": "Notre société est fatiguée par ce virus. Il tue, il envahit notre système de soins de santé, nos hôpitaux. Mais, il y a des réponses comme la vaccination ou les gestes barrières. Nous les mettons en œuvre mais l'effort est long. Tout le monde en a marre. Les mesures qui sont prises ne sont pas prises dans le but d'embêter le monde."

L'invité soutient d'ailleurs la volonté du gouvernement d'imposer la vaccination obligatoire au personnel soignant: "Le cap est clair: au-delà de soigner leurs patients, nous demandons aux soignants de les protéger au mieux. La vaccination est l'un des éléments", pointe-t-il. "Mais il s'agit aussi de trouver des réponses au sous-financement chronique des soins de santé et à la question de la pénurie d'infirmiers et de médecins", reconnait-il.

Le politique ne cherche ainsi pas à éviter le sujet d'une éventuelle vaccination obligatoire généralisée à l'ensemble de la population belge et veut au contraire qu'il soit abordé : "C'est quelque chose de suffisamment grave que pour être étudié. Le débat est présent dans la société. Le rapport du commissaire corona doit arriver pour le 15 janvier et je ne pense pas que ce soit une décision qu'on doit prendre dans la précipitation."


Objectif zéro mort sur la route d'ici 2050

Enfin, le ministre de la Mobilité a fait part du nouvel objectif de la Belgique en matière de sécurité routière: zéro mort sur la route d'ici 2050.

"Il y a trop de morts et de blessés graves. On ne peut pas accepter d'être si mal classé en Europe. Il faut y travailler et mieux équilibrer la route entre tous les usagers", explique-t-il. Raison d'ailleurs pour laquelle il adresse son carton rouge à la sécurité routière actuelle. Selon lui, ce n'est qu'en mettant en place toute une série de mesures que la situation s'améliorera.

"Aujourd'hui, il suffit de payer son amende et on est tranquille. Il y a une petite partie des conducteurs qui le fait de manière systématique. Il faut donner un signal pour montrer que leur comportement met les autres en danger", martèle le ministre. Ainsi, il se dit en faveur de contrôles plus réguliers et du ciblage des comportements à risque. Il n'écarte d'ailleurs pas à l'avenir un système de permis à points, comme c'est par exemple le cas en France.

L'une des mesures fortes qui devraient entrer en vigueur concerne l'usage du GSM au volant. Des radars seront mis en place afin de flasher les usagers qui adopteraient ce comportement dangereux: "C'est véritablement un problème de sécurité publique. Le message est clair pour les automobilistes: téléphoner ou conduire, il faut choisir", assène-t-il.

La culture essentielle au vivre ensemble

Enfin, dans l'émission, Georges Gilkinet choisit d'attribuer son carton vert aux acteurs culturels qui ont particulièrement souffert du Covid: "La culture est essentielle pour le vivre ensemble, pour le moral. Nous devons trouver les modalités, malgré le virus, pour assurer cette liberté. Pour autant, il est difficile de dire 'On ne fermera plus jamais la culture' car on est face à un virus qui est vicieux, évolutif avec de nouveaux variants. En tout cas mon objectif est de garder les lieux essentiels ouverts", conclut le politique.