Que va décider le Comité de concertation ce vendredi? Vandenbroucke parle de "mesures fermes" et évoque des fermetures

Le Premier ministre et le ministre de la Santé se sont exprimés à la Chambre concernant la situation sanitaire et les éventuelles mesures qui seront mises en place dans notre pays.

Que va décider le Comité de concertation ce vendredi? Vandenbroucke parle de "mesures fermes" et évoque des fermetures
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Une semaine après la mise en oeuvre des nouvelles règles, les chiffres restent au rouge en Belgique. Plus encore, les dernières tendances semblent montrer une accélération de l'épidémie, à la place d'un ralentissement. De quoi inquiéter les politiques. Plusieurs membres du gouvernement ont ainsi indiqué que la situation était telle que de nouvelles règles sanitaires allaient être nécessaires. Même son de cloche du côté des experts de la santé. De nombreux virologues se sont manifestés ces derniers jours, afin de demander que les autorités se réunissent sous peu pour discuter d'un durcissement des mesures. Marc Van Ranst (KULeuven) a ainsi évoqué la mise en place d'un "lockdown light".

Le prochain Comité de concertation, prévu initialement en janvier, a été avancé à ce vendredi. Le Premier ministre, Alexander De Croo (Open Vld), a donné plus d'indications, aux députés ce jeudi à 14h30 lors de la séance plénière à la Chambre.

"Des mesures fermes"

Tout d'abord, le Premier ministre a regretté que les règles sanitaires ne soient pas suffisamment suivies. "Les mesures ne servent à rien si elles ne sont pas respectées. Le télétravail n'a pas d'impact si l'on ne le respecte pas. Là est mon premier message: il faut respecter les règles en place. Notre comportement personnel a une influence. Si nous l'adaptons, nous pouvons inverser les courbes", a-t-il insisté. "Le port du masque et la distanciation sont les armes les plus puissantes que nous avons. Il est clair que nous allons devoir les utiliser un certain temps, y compris l'automne et l'hiver prochains."

Il a ensuite tenu à éclaircir le cap qu'allaient suivre les autorités. "Cette semaine, ce que l'on va regarder, ce sera le nombre de personnes en soins intensifs. Aujourd'hui, quand on regarde l'occupation en soins intensifs, on voit que la situation est pire que dans le pire scénario proposé par les experts", a averti M. De Croo. "Nous aurons donc demain notre Comité de concertation à la première heure. Nous allons travailler sur trois éléments: la vaccination (et la troisième dose), ensuite voir comment on peut aider les soins de santé et alléger la pression, enfin un paquet de mesures qui seront différentes des vagues précédentes puisque, maintenant, beaucoup de personnes seront vaccinées. Si nous prenons des mesures, tout le monde devra faire des efforts pour les respecter. Les pays les plus vaccinés souffrent moins que ceux qui sont moins vaccinés. C'est la meilleure preuve que le vaccin fonctionne."

De son côté, le ministre de la Santé a tenu un discours un peu plus radical. "Je vais plaider pour des mesures fermes qui vont entrer immédiatement en vigueur", a ajouté Frank Vandenbroucke (Vooruit). "Il faut limiter la circulation du virus, il y a beaucoup trop de contaminations. Il faudra prendre des mesures dans tous les secteurs, y compris l'enseignement et les loisirs. Les activités les plus risquées devront être limitées et interrompues."

"Ce n'est pas une option"

Avant ces prises de parole, les députés avaient eu l'occasion de faire part de leurs inquiétudes et de leurs doléances.

C'est Catherine Fonck (cdH) qui a pris tout d'abord la parole: "Ayons un discours vérité: l'évolution de l'épidémie est très mauvaise. Le secteur des soins de santé est sous pression maximale.

Les décisions du Codeco de la semaine dernière

sont trop tardives et en mode mineur. Le tableau ne pourrait pas être pire. Ne rien faire et attendre n'est pas une option. Vous devez agir." La députée a ainsi appelé à ce que l'on se concentre sur la réinstauration du port du masque, sur la ventilation et sur la troisième dose. Elle a enfin demandé à ce que le Comité de concertation se réunisse rapidement.

Karin Jiroflée (Vooruit) a souligné qu'"on ne préférait pas battre certains records", pourtant les derniers chiffres ont dépassé des niveaux jamais atteints. "Nous sommes nombreux à respecter les règles et entendre que certains ne le font pas, c'est inacceptable pour nous", a-t-elle fustigé, pointant du doigt certaines personnes dans l'hémicycle qui appelaient à ne pas respecter les règles.

"Heureusement, il y a une lueur d'espoir"

"Les courbes suivent les scénarios les plus pessimistes", a regretté Barbara Creemers (Groen). "L'effet domino des soins reportés fait que des soins non-urgents sont devenus urgents. Tous les voyants sont donc au rouge". Selon la députée, il faut agir "dès maintenant". "Monsieur le Premier ministre, êtes-vous disposé à tout mettre en oeuvre pour éviter une implosion de notre système de soins ?", a-t-elle interrogé le Premier ministre.

Le parti libéral a à son tour affirmé que "la situation est affolante". "Heureusement il y a une lueur d'espoir, c'est la vaccination. Il faut tout faire pour convaincre les derniers réticents, il faut avancer de manière significative sur cette vaccination. Il faut une communication claire et globalisée", a demandé Vincent Scourneau (MR), appelant également à aller plus vite dans l'administration de la troisième dose.

"Les gens ne savent plus à quel saint se vouer. Le temps des slogans doit être résolu désormais", a fustigé Kathleen Deporter (N-VA).

Revenant sur le prochain Comité de concertation, Laurence Hennuy (Ecolo) a appelé à un durcissement des règles sanitaires. "Nous savons que vous allez prendre des mesures nécessaires, qui ne seront pas faciles, mais que nous soutiendrons", a -t-elle commenté.

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