Pierre-Yves Jeholet s'en prend aux experts pendant la conférence de presse

Pierre-Yves Jeholet avait un message à faire passer à certains experts.

Ce vendredi, un comité de concertation express a eu lieu suite à l'augmentation continue des chiffres liés au Covid-19 en Belgique. Comme attendu, les différents responsables politiques vont appliquer un durcissement des mesures. Pendant la traditionnelle conférence de presse d'après Codeco, Pierre-Yves Jeholet (MR) a pris la parole.

Le ministre président de la Fédération Wallonie-Bruxelles n'a pas eu sa langue dans sa poche. "Je voudrais dire quand même encore qu'après ce Comité de concertation, alors qu'on entend beaucoup des commentateurs de salon, parler de 'l'irresponsabilité politique', 'qu'il n'y a plus de pilote dans l'avion'… qui aujourd'hui a encore des certitudes par rapport à l'épidémie ?", a-t-il questionné.

Avant de poursuivre : "Les experts, les politiques, les scientifiques, je pense qu'on doit tous avoir l'humilité de reconnaître que non. Aujourd'hui, nous gérons avec le Premier ministre et les entités fédérées cette crise. Cette crise qui n'en finit pas et qu'on souhaiterait évidemment beaucoup plus courte. Mais nous assumons et nous prenons nos responsabilités."

Dans son viseur: Yves Coppieters. Ce vendredi matin, avant cette réunion d'urgence, le professeur de Santé publique à l'ULB était l'invité de DH Radio. L'occasion pour lui de donner son ressentiment sur cette quatrième vague et la façon dont nous la gérons en Belgique. "Il (NDLR, le Comité de Concertation) risque d'entraîner la confusion. J'ai l'impression que le capitaine sur le bateau n'existe plus. Ce qu'il fallait, c'est que le Premier ministre ait un message rassurant, garantisse que les mesures qui ont été prises soient suffisantes et surtout travaille sur l'adhésion à ces mesures. C'est le plus important".

"On a besoin des experts mais..."

Durant son intervention, Pierre-Yves Jeholet a voulu éclairer son propos. "On a besoin des experts", admet-il. "Mais on a besoin d'experts qui nous éclairent sur la situation épidémiologique et sanitaire", a-t-il ajouté. "Nous, les politiques, nous avons des responsabilités, à court terme pour gérer cette épidémie. Mais aussi à moyen et à long terme… Nous devons avoir un regard sur l'apprentissage de nos enfants, sur la viabilité de toute une série de secteurs économiques, sur la santé mentale, sur le bien-être de la population. Ça, ce sont nos responsabilités aujourd'hui et aussi notre responsabilité de demain."

Pas convaincu par ce nouveau Codeco, Yves Coppieters estime qu'il était trop tôt pour calculer l'efficacité des mesures prises la semaine dernière. Pierre-Yves Jeholet a rétorqué que la réalité des politiques n'est pas la même que celle des experts. "Pourquoi n'avons nous pas pris ces mesures-là la semaine dernière? Et bien parce que nous avons un équilibre à gérer, nous les politiques. Il faut gérer cette crise sanitaire mais aussi toutes les conséquences qu'elle induit. Voici la différence avec les experts. Et je pense que chacun à son rôle à jouer."

Ensuite, Pierre-Yves Jeholet s'est permis une comparaison: "C'est comme dans un match de foot: il y a autant de commentateurs que de sélectionneurs. Aujourd'hui, nous avons 11 millions de commentateurs en Belgique. Mais à un moment donné, nous, les politiques, prenons nos responsabilités." Tout en admettant que les différents responsables ont pu commettre des erreurs. "On a l'humilité de dire qu'on n'a pas toujours pris les bonnes décisions. Parfois, nous avons peut-être été trop optimistes par rapport à la crise."

Enfin, comme Alexander De Croo, il a mis l'accent sur la difficulté par rapport aux décisions prises lors du Comité de concertation. "Même après autant de Comité de concertation, toutes ces réunions sont terriblement difficiles. Toutes les personnes autour de la table prennent des décisions courageuses et difficiles. Nous les assumons toutes comme nous mesurons la difficulté pour la population de vivre cette crise et d'en subir les conséquences", conclut-il.