Alain Maron dénonce les "populistes" de la crise: "Certains se transforment en Père Noël à l'approche des fêtes, c'est criminel"

Le ministre bruxellois de la Santé Alain Maron (Ecolo) était l'invité de DH Radio ce vendredi matin.

Ce vendredi matin, l'écologiste Alain Maron était au micro de Maxime Binet dans "Il faut qu'on parle". L'occasion pour le ministre bruxellois de la Santé de revenir sur la vaccination des 5-11 ans, qui devrait être approuvée en Conférence Interministérielle ce lundi.

"On suivra l'avis du Comité consultatif de bioéthique et du Conseil supérieur de la Santé", a détaillé Alain Maron, en précisant toutefois que cette vaccination se ferait bien entendu sur base volontaire des parents. "Il n'est pas question de rendre cette vaccination obligatoire à ce stade", a-t-il confirmé.

Cette vaccination a-t-elle toutefois un sens, lorsque l'on sait que les enfants sont habituellement moins à risque de faire des formes graves du virus? Pour Alain Maron, l'objectif est plutôt d'éviter de créer des clusters dans les écoles et surtout de protéger les personnes les plus âgées.

Une vaccination étendue aux plus jeunes permettra également de limiter les dégâts du variant Omicron, qui risque de devenir dominant d'ici la fin de l'année, ce qui inquiète le ministre bruxellois: "Ce variant est quatre fois plus contagieux, donc on risque d'avoir une nouvelle vague qui arrive dans les prochaines semaines, alors que la vague précédente n'est pas encore éteinte", avertit-il. "C'est très préoccupant".

Pas d'assouplissements pour le Codeco

Les prédictions épidémiologiques peu rassurantes poussent Alain Maron à la prudence concernant le prochain Comité de concertation, prévu le 22 décembre. "Il me semble assez illusoire de penser que l'on pourrait assouplir les mesures. Ce n'est pas faire preuve de très grande responsabilité que de plaider pour des assouplissements", a précisé l'écologiste.

Faut-il alors entrevoir de nouvelles restrictions? "On est en train d'observer les données du Danemark et du Royaume-Uni pour voir quel est l'impact d'Omicron sur les hospitalisations, parce que ce qu'on essaie de faire, c'est d'éviter le débordement du système hospitalier", a-t-il expliqué. "S'il faut des mesures complémentaires pour éviter ce débordement, bien entendu on devra les prendre, mais ce n'est pas encore tout à fait clair".

Afin de lutter contre une éventuelle cinquième vague, le ministre de la Santé encourage fortement à la vaccination, et ce, le plus rapidement possible: "Le "booster" permettra de limiter les infections Omicron. Il ne va pas empêcher d'Omicron de se répandre mais il va limiter son impact".

A ce propos, certains pays envisagent de rendre la dose de rappel obligatoire afin d'obtenir un CST valide. La Belgique se dirige-t-elle vers une telle obligation? "La décision n'est pas encore prise (...). Mais on constate avec Omicron que les deux doses préliminaires ne suffisent plus pour une protection suffisante. Si l'on veut que le CST reste un outil de réduction des risques, vraisemblablement il faudra inclure le booster dans le CST. Cette décision devrait idéalement être prise au niveau européen", a détaillé Alain Maron.

"C'est criminel"

Enfin, le ministre bruxellois de la Santé a adressé son carton rouge aux "populistes de la crise". "Les populistes de la crise, ce sont celles et ceux qui se transforment en Père Noël à l'approche des fêtes, qui annoncent des choses qui ne sont pas fondées ou qui suscitent des espoirs dans la population, qui risque d'être déçue. Je pense que ça, c'est criminel", a-t-il fustigé.

"Nous avons besoin de sérénité dans ces débats et d'arrêter de faire du yo-yo", a-t-il poursuivi. "Dès que l'on s'approche du Codeco, ça commence à tirailler dans tous les sens. Nous avons besoin d'unité et de cohésion dans le chef des décideurs politiques. Les décisions doivent être prises sur des bases scientifiques, et pas politiques".

Sur la question d'une éventuelle crise au gouvernement bruxellois, notamment liée au projet d'augmentation du coût du stationnement dans la capitale, le ministre appelle au calme. "Il y a une trop grande fébrilité externe sur certains dossiers, notamment de la part de la fédération bruxelloise du PS", a-t-il déploré. "Il y a un ministre-président qui fait bien son boulot, et c'est notre rôle à tous d'aider le Ministre-président à bien faire son travail sans le perturber".

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