Vers un pass vaccinal en Belgique? "C'est un peu hypocrite", selon Gilkinet

Le commissariat Covid préconise de transformer le CST actuel en un "certificat corona", réservé aux vaccinés.

E.L
Vers un pass vaccinal en Belgique? "C'est un peu hypocrite", selon Gilkinet
©BELGA

À l'instar de la France et d'autres pays européens, la question de l'obligation vaccinale fait débat en Belgique. Dans un rapport relayé ce jeudi soir, le commissariat Covid ne s'est pas montré en faveur de cette obligation, mais a préconisé une autre piste: l'introduction d'un pass vaccinal. Concrètement, le Covid Safe Ticket actuellement en vigueur dans toute une série de secteurs serait transformé en un "certificat corona", qui ne serait octroyé qu'aux personnes vaccinées et non plus aux personnes testées négatives ou guéries du Covid.

Sur le plateau de "C'est pas tous les jours dimanche" sur RTL, la présidente de la ligue des droits humains Olivia Venet a estimé que cette solution était une forme d'hypocrisie, car elle contraint à la vaccination sans le reconnaître explicitement."Ce qui nous met mal à l'aise, par rapport au débat du pass vaccinal, c'est qu'on va priver des gens de certains droits comme l'accès à l'horeca, la culture ou le sport sans une obligation. Il y a une forme d'hypocrisie derrière, c'est une incitation indirecte et quand ça n'est pas franc, je pense que c'est plus difficile d'y adhérer", a-t-elle jugé.


Un avis partagé par Georges Gilkinet (Ecolo), membre du Comité de concertation, qui juge également ce pass vaccinal "hypocrite". Le ministre fédéral de la Mobilité plaide pour une prise de décision claire sur l'obligation vaccinale et préconise un débat approfondi sur la question: "Il faut prendrele temps de bien sonder toutes les parties de la population pour une question aussi importante d'un point de vue éthique et de santé publique", a-t-il déclaré. Et d'ajouter: "Si on veut éviter un décrochage démocratique, on ne peut pas prendre ce genre de décision dans la précipitation".


La ministre wallonne de la Santé Christie Morreale (PS) s'est elle montrée plutôt en faveur de la vaccination obligatoire et s'est réjouie que le débat arrive enfin sur la table: "C'est notre responsabilité en tant que pouvoir public de devoir prendre une norme afin d'évacuer les tensions", a estimé la socialiste.

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