Alexander De Croo donne des explications sur le Comité de concertation de ce vendredi: "C'est un moment important"

Le Premier ministre a répondu aux questions des députés au sujet du baromètre sur lequel le Comité de concertation doit se pencher ce vendredi 21 janvier.

Alors que les autorités se réunissent ce vendredi 21 janvier pour finaliser le baromètre, il est de moins en moins certain de voir atterrir le projet d'instrument censé aiguiller les politiques dans leur gestion de la crise sanitaire. Comme nous vous l'annoncions ce jeudi, les dernières discussions sur le sujet ont été mouvementées. Il semblerait que les régions soient réfractaires à un cadre trop contraignant. Elles souhaiteraient utiliser le baromètre comme une base pour leurs prises de décisions mais sans aucune obligation. Un avis que ne partage pas le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit). Le Comité de concertation qui devra trancher ce vendredi s'annonce donc tendu. A la veille de cette nouvelle réunion, les députés ont eu l'occasion de poser leurs questions sur le Codeco au Premier ministre, Alexander De Croo (Open Vld).

Le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, quant à lui était absent en raison d'un contact à haut risque qu'il a eu en début de semaine. La quarantaine qu'observe le socialiste flamand a interpellé le PTB. "Les règles de Sciensano ne proposent plus de quarantaine pour les contacts à haut risque qui ont reçu leur dose booster", s'est étonnée Sofie Merckx (PTB-PVDA), qui a souligné que le ministre "ne suivait pas les mêmes règles que le reste de la population".

Le Premier ministre a répondu aux interrogations concernant son ministre de la Santé. "Les règles de Sciensano disent effectivement qu'il n'y a plus d'obligation de quarantaine, mais demandent à chacun de faire preuve de prudence. M. Vandenbroucke veut tout mettre en oeuvre pour être le plus prudent possible. C'est pourquoi il n'est pas présent aujourd'hui. Demain, la salle du Palais d'Egmont est très grande et permet de laisser davantage d'espace entre les participants du Comité de concertation."

"Un indicateur météo Covid n'est pas suffisant"

Concernant le Comité de concertation de ce vendredi, Catherine Fonck a rappelé que la situation épidémiologique était complexe. "On assiste à une grosse vague de contaminations. On a des admissions à l’hôpital en augmentation mais la situation aux soins intensifs est sous contrôle", a souligné la cheffe de groupe cdH à la Chambre. "Sur la forme, je ne peux que vous appeler à davantage de cohérence et de clarté, à moins d'embrouilles et de cacophonie. Sur le fond, le fameux baromètre se trouvera sur la table des discussions. Un indicateur météo Covid pourquoi pas, mais ce n'est pas avec ça qu'on retrouvera une vie normale. C'est en misant sur les armes en notre présence actuellement que nous y arriverons."

Les libéraux ont quant à eux rappelé à quel point le Codeco de ce vendredi était crucial. "La mise en place d'un tableau de bord décisionnel est extrêmement importante. Les mesures changent et les remises en question se multiplient", a regretté Caroline Taquin (MR). "Les incertitudes scientifiques sont là et le virus continue de nous surprendre mais après deux ans de crise, nous avons acquis certaines connaissances qui nous permettent de créer ce baromètre. C'est essentiel pour chacun de savoir comment les décisions sont prises, or ce n'est pas le cas aujourd'hui."

A quoi s'attendre pour le Codeco ? La réponse du Premier ministre

Face aux interpellations des députés, Alexander De Croo a tenu à clarifier certains points concernant la situation épidémiologique et le baromètre attendu ce vendredi. "Le niveau de contaminations augmente rapidement. D'ailleurs, les experts nous avaient mis en garde, il y a deux semaines. Lundi, deux tests sur trois étaient positifs. Cela montre que la circulation du virus est très élevée. On voit que la pression dans les soins intensifs baisse de manière graduelle. Mais restons prudents: le nombre d'hospitalisations augmente tout de même. Est-ce que cela va impacter les soins intensifs ? Ce n'est pas clair pour l'instant. Mais le nombre d'hospitalisations nous fait dire qu'on ne peut pas considérer Omicron comme une grippe d'automne", a détaillé le libéral flamand. "La vaccination booster reste notre meilleure défense. La campagne avance bien. Dans ce cadre, nous travaillons vers un baromètre qui doit nous aider à mieux gérer cette période qui s'annonce. Il y aura des moments où la situation s'améliorera, on ne gardera alors pas les règles en place une journée de plus. Mais si ça va dans le mauvais sens, il faudra savoir à quelles mesures on doit s'attendre. Tout ce qu'on a appris doit se concrétiser dans ce baromètre. Il doit montrer à la population où on en est, quelles sont les règles actuelles et quelles pourraient être les règles à venir. (...) On se base, pour établir le baromètre, sur les avis du GEMS, du commissariat Covid, sur les consultations avec les secteurs. On y détaillera la situation pour l'Horeca, le sport, la culture... Demain est un moment important pour tous les gouvernements de ce pays."





Sur le même sujet