Quel rôle pour la Belgique en Ukraine ? Voici ce qui a été décidé au Conseil National de Sécurité

Elle n'enverra pas d'armes et de munitions à l'armée ukrainienne, mais "des jumelles et des casques". B-Fast est également mobilisé.

Ch. Ly

Le gouvernement belge a décidé mercredi de fournir du matériel de protection et d’observation aux militaires ukrainiens, mais pas d’armes et de munitions, ont annoncé à la presse le Premier ministre Alexander De Croo (OpenVLD), les ministres Sophie Wilmès (MR, Affaires étrangères) et Ludivine Dedonder (PS, Défense) à l’issue d’une réunion du Conseil national de sécurité (CNS), la plus haute instance belge du genre.

« Il s'agit de casques, de jumelles », a répondu M.De Croo, sans entrer dans les détails, mais en expliquant que la Belgique devait garder une capacité de défense au sein de l'Otan, ce qui limitait les choix du gouvernement. L'équilibrage entre les forces politiques au sein de la Vivaldi a aussi probablement joué en faveur d'un appui de matériel non létal à l'armée de Kiev.

La cellule B-Fast sera également activée pour fournir à la population ukrainienne des tentes, des kits d’hygiène, du matériel médical et des couvertures. Le tout, acheté à une firme belge en l’absence de stocks suffisants chez B-Fast, sera acheminé par la route en Ukraine.

La Belgique s’engage également à accueillir des civils grands brûlés à l’Hôpital militaire Reine Astrid de Bruxelles, si la guerre devait véritablement enflammer l’Ukraine.

Des "centaines" de soldats belges dans la force de réaction rapide de l'Otan

Enfin, le CNS a entériné le déploiement de « centaines » de soldats belges, « de forces navales, aériennes et terrestres » dans le cadre de la Force de réaction rapide de l'Otan, pour le moment au stade de l'alerte. Cette force, dont le but est de défendre l'Alliance et non l'Ukraine, utilise les ressources des alliés par rotations. Or il se fait que c'est le tour de la Belgique, qui devrait déployer selon les plans environ 500 hommes, d'après une source diplomatique.

Des F-16 belges sont également déployés pour le moment en Estonie, dans le cadre de l’assistance aux pays baltes. Ils effectuent des patrouilles aériennes.

Tout en souhaitant que la situation n'empire pas en Ukraine, le gouvernement se dit très préoccupé par le déploiement de près de 190 000 soldats russes autour de ce pays. « Ces troupes disposent de missiles balistiques, d'avions, d'hélicoptères de combat, d'unités médicales et de centres de commandement », a expliqué Ludivine Dedonder. « Ils sont prêts au combat, malgré les annonces de retrait que nous n'avons pas observé sur le terrain ».

L'ambassade à Kiev toujours ouverte "à ce stade"

L'ambassade belge à Kiev reste ouverte « à ce stade », a précisé Sophie Wilmès, avec trois diplomates et deux agents venus en renfort pour aider les ressortissants belges présents sur place. Ceux-ci seraient au nombre de 223 selon les décomptes de l'ambassade, dont une cinquantaine souhaitent être rapatriés. Le gouvernement réitère son appel à quitter l'Ukraine tant que les lignes aériennes, les routes et les trains sont en état de fonctionner. Un avion commercial relie deux fois par semaine Kiev à Charleroi. « Quand on dit aux Belges de ne pas se rendre en Ukraine ou de quitter le territoire, ce sont des avis à prendre au sérieux", a insisté la ministre. Une évacuation en cas de conflit majeur "n'est pas garantie".

Sophie Wilmès a également convoqué et rencontré ce mercredi l'ambassadeur de Russie en Belgique, Alexandre Tokovinin, pour exprimer la condamnation par la Belgique de la reconnaissance par la Russie des territoires séparatistes de Donetsk et de Lougansk. "La Russie a fait le choix délibérer de violer le droit international, les Accords de Minsk et de porter atteinte à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine", a souligné la ministre dans un communiqué.

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