"Dans une guerre, il y a des règles et Poutine doit les suivre": Alexander De Croo revient sur la situation humanitaire catastrophique en Ukraine

La Premier ministre s'est penché sur la situation de la guerre entre l'Ukraine et la Russie.

Rédaction avec Belga

Ce lundi matin, Alexander De Croo était l'invité de la matinale de La Première. L'occasion pour lui de revenir sur les différents sujets chauds qui sont sur la table. Avec, en ligne de mire, le dossier de la guerre en Ukraine.

Pour rappel, la Belgique a fait le choix de donner des armes à la nation attaquée. Cela signifie-t-il pour autant que la Belgique y participe activement? "Nous n'avons pas de parti pris à cette guerre", coupe le Premier ministre. "Par contre, chaque pays, et certainement l'Ukraine qui n'a pas provoqué cette guerre, a le droit de se défendre. Lorsqu'un pays demande un support dans ce sens, il est normal d'aider sans vraiment participer à la guerre entre ces deux nations", a-t-il ajouté.

Pour autant, Alexander De Croo a conscience de la situation catastrophique. "La situation humanitaire est tellement grave. Dans la guerre, il y a des règles. Notamment dans le fait de préserver des citoyens qui ne sont pas des guerriers. Et même pour Poutine, il faut respecter ces règles."

Si plusieurs pays de l'OTAN fournissent des armes, ils sont également accusés de regarder cette guerre de loin sans réellement bouger. "L'Ukraine a été attaquée car elle ne fait pas partie de l'OTAN. Les pays baltes comme la Pologne ne sont pas attaqués grâce à son appartenance à cette organisation. La priorité de l'OTAN est de sécuriser ses frontières et c'est pour cela que nous avons notamment envoyé des militaires en Roumanie."

Malgré cette situation humanitaire dramatique, la Belgique, comme l'Europe, devrait donc rester à l'écart de ces bombardements. "Il faut tout faire pour éviter une escalade de la guerre en dehors des frontières de l'Ukraine. Cette situation est très difficile à gérer, pour tout le monde. L'Occident ne regarde pas ce qui se passe de façon passive. Nous voulons aider avec de l'aide humanitaire mais nous ne devons pas déclencher une guerre domino."

Ces derniers jours, la Russie avait brandi la menace nucléaire. "Cela me laisse perplexe et m'inquiète", a répondu Alexander De Croo. "Soyons clair, il n'y a aucune menace par rapport à la Belgique. Du moins de façon directe. Mais nous sommes face à un leader autocrate qui s'est montré, qui a fait beaucoup de pas vers la guerre au moment où ce n'était pas nécessaire." Ce qui signifie qu'il faut encore rester vigilant. "L'OTAN a voulu calmer le jeu lorsque Poutine a lancé cette menace. Car notre rôle est d'éviter l'escalade de la guerre", a-t-il encore martelé.

Sortie du nucléaire: "La situation est bien différente aujourd'hui"

Lors de cette entrevue, Alexander De Croo a souligné combien la situation avait évolué en matière d'approvisionnement énergétique - notamment en raison de l'invasion russe en Ukraine - depuis l'accord conclu le 23 décembre dernier par les sept partis de la Vivaldi sur une possible sortie du nucléaire. "La situation actuelle est bien différente que lorsqu'on a pris la décision fin décembre" - quand le gouvernement fédéral avait fixé aux alentours du 18 mars l'échéance pour une décision de fermeture définitive de toutes les centrales nucléaires d'ici 2025 ou la prolongation des deux réacteurs les plus récents, Tihange 3 et Doel 4 -, a affirmé l'homme politique de l'Open Vld.

"Fin décembre, on avait dit: on va regarder les deux éléments qui sont dans l'accord gouvernemental (la sécurité d'approvisionnement énergétique et les prix de l'énergie, NDLR). On avait ajouté en décembre comme facteur le contexte géopolitique", a-t-il ajouté.

Après l'invasion russe en Ukraine, "la situation géopolitique a forcément complètement changé", a souligné le chef du gouvernement fédéral. Il a rappelé que si la Russie joue un rôle majeur sur le marché européen du gaz, il est un fournisseur "pas très important" pour la Belgique.