Les députés interpellent De Croo avant un important sommet européen: "Il n'y a qu'une seule manière d'impacter Poutine"

En séance plénière, les députés sont revenus sur la situation en Ukraine.

M.R.

Le 24 février, Vladimir Poutine ordonnait à ses troupes d'envahir l'Ukraine. Deux semaines plus tard, les combats se poursuivent entre Russes et Ukrainiens, faisant de nombreuses victimes. Ce mercredi, un bombardement visant une maternité à Marioupol a causé la mort de trois personnes, dont une fillette. L'attaque a suscité l'émoi au sein de la communauté internationale. En Belgique également, l'assaut n'a fait que renforcer l'inquiétude au sujet de la situation en Ukraine. Le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld) est immédiatement revenu sur les derniers événements dans ce conflit ukrainien au début de la séance plénière.

"Les images que nous avons vues ces dernières semaines sont atroces: un hôpital pour enfants bombardé, des civils qui tentent de fuir visés par des attaques...", a commencé le libéral flamand. "Nous sommes confrontés à de grandes difficultés concernant la Russie: comment réagir face à l'agresseur sans contribuer à accroître la souffrance, comment réagir face à un agresseur qui agite une arme nucléaire et qui n'en a rien à faire de la vie humaine. Face à l'agression, nous plaçons un renforcement de la défense. Face à la haine aveugle, nous plaçons le sang-froid. Il faut que les gens déposent les armes, que l'on arrête ce bain de sang."

Les députés ont ensuite pu à leur tour prendre la parole. "Alors que les combats font rage, alors que des civils sont visés par l'armée, alors que la qualification de ces actes comme crime de guerre se pose plus que jamais, vous avez l'occasion de faire l'histoire à Versailles tout à l'heure (un sommet européen informel se déroule ce soir, ndlr.) ", a expliqué François De Smet (DéFi). "Tout d'abord sur le plan énergétique. Chaque jour, l'Europe achète du gaz à la Russie. Cet argent sert aux combats. Ensuite, il y a la question de l'asile. Nous sommes dans la pire crise depuis la seconde guerre mondiale. L'Europe est au rendez-vous jusqu'à présent. Des milliers d'Ukrainiens se heurtent toutefois au désordre en Belgique."

"Une gifle pour chaque citoyen"

L'Open Vld a appelé à "soutenir matériellement et moralement l'Ukraine". "La brutalité de l'agresseur russe est une gifle pour chaque citoyen civilisé", a estimé Jasper Pillen (Open Vld).

"Toutes les limites ont été dépassées", a mis en garde Ben Segers (Vooruit), revenant sur le bombardement de la maternité à Marioupol. Le député s'est toutefois réjoui de la solidarité dont faisaient preuve de nombreuses personnes et de la "bonne volonté" du gouvernement dans cette crise.

"Comme toujours, ce sont les travailleurs qui paient le prix fort", a dénoncé Raoul Hedebouw qui a fustigé la hausse des prix de l'énergie. Il a ainsi pointé les "secteurs profiteurs de guerre" qui "vont se faire du pognon alors que les autres souffrent", en ciblant les entreprises pétrolières.

"En 2022, au cœur de l'Europe, un hôpital pour enfants est la cible d'un bombardement", a rappelé l'écologiste Samuel Cogolati (...) Je le dis aux idiots utiles du Kremlin votre inaction est synonyme de dupliciter. L'Europe doit tourner le dos à la politique politicienne du 20ème siècle et investir dans l'indépendance énergétique. Ce ne sont pas que des mots."

Le Vlaams Belang a été le dernier parti à prendre la parole. "J'ai honte de ce qui vient d'être dit", a réagi De Croo concernant les propos de Dries Van Langenhove qui accusait certains migrants de profiter de la situation en Ukraine pour demander l'asile.

"Une seule manière d'impacter Poutine"

M. De Smet (DéFi) a réinsisté sur la nécessité pour l'UE de trancher concernant l'approvisionnement en gaz russe. "C'est la seule manière d'impacter M. Poutine. Il faut le priver d'argent. Il faut aller à Versailles il faut frapper fort, il faut frapper juste en prenant une décision importante sur le gaz russe sinon ce somment n'aura servi à rien."


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