Le gouvernement belge injecte un milliard d’euros de plus dans la Défense: "On veut augmenter à court terme son niveau de préparation et de réactivité"

La Belgique consacrera, en plus des efforts budgétaires déjà revus à la hausse, un milliard d'euros supplémentaires à la Défense au cours de cette législature.

Le gouvernement belge injecte un milliard d’euros de plus dans la Défense: "On veut augmenter à court terme son niveau de préparation et de réactivité"
©BELGA

Il est temps de "tirer les leçons" de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, a lancé le Premier ministre belge à l'issue du sommet de l'Otan, jeudi. Parmi ces leçons, la nécessité d'investir davantage dans la Défense. Alexander De Croo (Open VLD) a rappelé que son gouvernement avait validé, fin février, un plan d'investissements militaires, le plan Star, de plus de 10 milliards d'euros à l'horizon 2030. Il a ensuite annoncé que l'exécutif avait approuvé, mercredi soir, une enveloppe complémentaire d'un milliard d'euros pour la législature en cours (jusqu'à 2024) dans le but d'améliorer l'opérationnalité de l'armée, c'est-à-dire sa capacité à être déployée en opération.

"Le gouvernement a décidé d'octroyer un budget supplémentaire pour augmenter à court terme le niveau de préparation et de réactivité de la Défense dans le contexte du conflit en cours en Ukraine, de l'activation par l'Otan de sa force de réaction rapide et de l'évolution incertaine du contexte géostratégique", a précisé la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS).

Munitions, armes, protections, renseignement…

De ce milliard, 450 millions seront injectés dans la Défense cette année-ci, ce qui représente une augmentation de 10 % du budget 2022. 275 millions d’euros seront ensuite investis en 2023 et autant en 2024.

Comme La Libre l'avait révélé mercredi, ces montants serviront à accroître les stocks de munitions ; à améliorer la disponibilité opérationnelle des systèmes d'armes, "notamment en accélérant la maintenance des véhicules blindés", dixit la ministre ; à acquérir de l'armement et des protections balistiques pour les soldats ; à développer les capacités de renseignement et de cybersécurité ; et à améliorer les infrastructures et leur résilience.

La Belgique reste loin des 2 %

L’Otan fixe l’effort (les dépenses) de défense de ses États membres à 2 % de leur produit intérieur brut (PIB). Les investissements prévus dans sa Défense ne permettront pas à la Belgique d’atteindre ce niveau. Le plan Star doit porter l’effort de défense du pays à 1,54 % du PIB en 2030, contre 1,12 % en 2021. Le milliard supplémentaire poussera l’effort à 1,26 % en 2024, selon le cabinet Dedonder, et sans doute autour de 1,6 % d’ici 2030 (chiffre à confirmer). Le débat sur l’accroissement de l’effort de défense sera sur la table du sommet de l’Otan de Madrid, en juin, et devrait prochainement rebondir au Parlement belge.