"Favoritisme", "Copinage", "Clientélisme": Karine Lalieux vivement critiquée après ses déclarations au sujet de Beliris

Les déclarations de la ministre fédérale des Pensions Karine Lalieux (PS) font des remous au sein de la classe politique.

E.L
"Favoritisme", "Copinage", "Clientélisme": Karine Lalieux vivement critiquée après ses déclarations au sujet de Beliris
©TONNEAU

Ce mercredi, le PS bruxellois, à la peine dans les derniers sondages, tenait un meeting à l'Atelier des Tanneurs. Au cours de cet événement, la ministre fédérale des Pensions Karine Lalieux s'est notamment exprimée sur Beliris, le fonds fédéral visant à financer des projets bruxellois, dont elle a la charge. "Beliris, c'est juste du bonheur. J'ai une enveloppe d'investissements, et je fais plaisir à l'ensemble des communes et en particulier, évidemment, aux communes socialistes", a-t-elle déclaré.

Ces propos, relayés par La Libre, ont suscité de vives réactions au sein de la classe politique.

Le groupe Ecolo-Groen a tout d'abord réagi par voie de communiqué. "Si ces propos sont avérés, ils témoignent d'une vision clientéliste insupportable", se sont insurgés les Verts, qui ont tenu à rappeler l'objectif premier de Beliris. "Le fonds Beliris n'a qu'une seule fonction: promouvoir le rayonnement de Bruxelles comme capitale et ville internationale, et cela au service de l'ensemble des Bruxellois et Bruxelloises et de tous ses visiteurs et visiteuses".

Certains députés écologistes ont également réagi personnellement sur Twitter. Gilles Vanden Burre, chef de groupe à la Chambre, s'est dit "interpellé au plus haut point" par ces déclarations. "Le favoritisme et le copinage n'ont plus leur place dans la gouvernance du 21e siècle et je pensais que le PS l'avait compris", a déploré le député, qui a par ailleurs demandé un audit des projets financés par Beliris.

Des propos également qualifiés d'"inacceptables" par Guillaume Defossé, député fédéral Ecolo. "Il faut que la ministre comprenne que Beliris, ce n'est pas de l'argent de poche pour financer les copains. C'est pourquoi nous demandons un audit de tous les projets financés par Beliris depuis que la ministre est en place, afin d'évaluer si un saupoudrage a bel et bien été effectué selon des critères purement politiques et non objectifs."

Bouchez : "L'argent public mérite mieux que le copinage"

Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a également dénoncé les propos de la ministre Lalieux. "Un ministre qui dit subventionner des projets non pas selon leur qualité mais parce qu'ils émanent d'une commune socialiste, cela s'appelle la tradition pour certains", a-t-il fustigé. "L'argent public mérite mieux que le copinage", a rappelé le libéral, avant de se joindre aux écologistes en réclamant un audit de Beliris.

Le député Theo Francken (N-VA) a lui aussi condamné les propos de la socialiste sur Twitter. "Karine Lalieux fait vraiment partie du PS de la vieille école. Après son dossier de retraite bâclé, elle admet maintenant juste avoir utilisé Beliris pour faire plaisir à ses camarades rouges". Selon le nationaliste flamand, MR et Ecolo devraient exiger la démission de la ministre.

Karine Lalieux s'explique

Face aux nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, la ministre incriminée a tenu à clarifier ses propos. "Je souhaite remettre dans leur contexte les propos que j'ai tenus mercredi", a-t-elle expliqué par voie de communiqué. "En tant que Bruxelloise de souche, fière de ma Région, j'ai évoqué avec enthousiasme le travail réalisé par Beliris. M'adressant à des militants socialistes dans le cadre d'un congrès, j'ai illustré mes propos avec quelques exemples de projets qui seront réalisés dans les communes d'élus présents dans l'assemblée", a poursuivi la socialiste.

"Mais (...) je défends et continuerai à défendre des projets ambitieux pour l'ensemble du territoire bruxellois, dans toutes les communes sans considération de leur couleur politique", a-t-elle assuré, rappelant que les projets d'investissement Beliris faisaient d'ailleurs l'objet de l'approbation des gouvernements au niveau régional bruxellois et fédéral. "Ces projets ne sont en aucun cas sélectionnés ni désignés par la ministre compétents", a-t-elle insisté.