Georges-Louis Bouchez a-t-il brisé le cordon sanitaire? "Il a démontré aux Flamands que l'extrême droite est puante et dangereuse"

Dans "Il faut qu'on parle" sur DH Radio ce jeudi matin, Maxime Binet recevait David Leisterh, président de l'antenne bruxelloise du Mouvement Réformateur (MR).

Rédaction

Ce jeudi, Sophie Wilmès a mis en émoi la classe politique belge. L'ancienne Première ministre a annoncé faire un pas de côté de sa vie politique à cause de la maladie de son mari. Présent sur le plateau de DH Radio, David Leisterh a tout d'abord voulu adresser un message de soutien envers la charismatique femme politique. "Toutes mes pensées vont vers Sophie, sa famille et plus particulièrement son mari", a-t-il commencé. "Je pense que Sophie Wilmès a pris la décision qui s'imposait pour rester près des siens. Et nous la soutenons à 100% bien entendu."

Toujours est-il qu'il qu'elle va laisser un trou béant au sein du MR. "On ne remplace pas une Sophie Wilmès. Mais nous avons la chance d'avoir d'autres personnalités au sein du Mouvement Réformateur. Comme David Clarinval qui a déjà remplacé Sophie Wilmès et qui est rompu à cet exercice."

"Le projet de l'extrême droite est puant"

Ce jeudi, Georges-Louis Bouchez était l'invité de la VRT. Objectif: débattre avec Tom Van Grieken. Une décision qui a été beaucoup critiquée par d'autres partis politiques comme le PS ou Groen. Le président du MR a-t-il brisé le cordon sanitaire ? "Vous savez, en Flandre, cela fait bien longtemps qu'il est brisé. L'extrême droite est invitée sur tous les plateaux et s'exprime librement." Comment expliquer une telle émergence ? "Les réseaux sociaux ont contribué à faire monter ce parti du Vlaams Belang. Car les jeunes ont eu accès à leur projet plus facilement. Pour le MR, il est temps de combattre ce type d'idées", a précisé celui qui est très proche de Georges-Louis Bouchez.

Selon David Leisterh, la démarche citoyenne de son président est une idée constructive. Que ce soit contre un bord comme contre l'autre. "Bouchez déteste l'extrême gauche comme l'extrême droite. Entre nous, nous ne serions pas contre de garder un cordon sanitaire avec l'extrême gauche également." Il a également osé la comparaison avec la France, en pleine élection présidentielle. "Face à Van Grieken, GLB a démontré qu'il était un excellent débatteur. Comme Macron face à Le Pen, il a détruit le projet adverse. Les partis flamands ont besoin d'aide et de renfort pour contrer cette émergence. Argument contre argument, Georges-Louis Bouchez a démontré que l'extrême droite était puante et dangereuse pour la Flandre."

Les détracteurs du bouillant président des libéraux l'accusent d'avoir brisé seul ce cordon sanitaire. A-t-il, du coup, une réelle utilité ? "Le cordon sanitaire a une réelle utilité car il empêche d'avoir un gramme d'un parti comme l'extrême droite dans une coalition. Jamais le MR ne voudra le briser. Que ce soit avec la droite comme la gauche d'ailleurs. Mais combattre leurs idées par l'argument, est une bonne idée. Je pense que si ce débat face à Tom Van Grieken a permis à l'une ou l'autre personne de se tourner vers un autre parti démocratique, c'est déjà une victoire."

Si l'extrême droite est aussi peu présente en Wallonie et à Bruxelles, le cordon sanitaire n'y est-il pas pour quelque chose ? "Expliquer à la population que le cordon a permis l'émergence de cet extrême à Bruxelles est simpliste", estime-t-il. "L'échiquier politique est surtout orienté vers une gauche forte. Et aucun homme ou femme politique ne porte ce projet politique avec conviction. C'est surtout le schéma politique qui empêche l'émergence d'un tel mouvement."

Enfin, David Leisterh a taclé les détracteurs de Georges-Louis Bouchez. "Depuis plus d'une semaine, tous les médias et partis évoquent le débat Emmanuel Macron - Marine Le Pen. Georges-Louis Bouchez parle dix minutes avec le Vlaams Belang et cela crée un tollé. Il y a tout de même un deux poids, deux mesures."


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