"Il y a un manque de mixité sociale mais déverser son mépris est intolérable": Rajae Maouane réagit aux propos de Rousseau sur Molenbeek

Les propos de Conner Rousseau ne passent pas auprès de Rajae Maouane.

Rédaction

"Quand je me promène à Molenbeek, je ne me sens pas en Belgique." Cette phrase polémique de Conner Rousseau dans Humo a fait l'effet d'une bombe dans notre sphère politique. Forcément, les différents partis se sont tous exprimés à propos de cette déclaration.

C'était notamment le cas de Rajae Maouane, invitée sur Bel RTL ce mercredi. "Ses propos sont extrêmement choquants", débute-t-elle. "Je suis plus que jamais Molenbeekoise et fière de l'être. Quand on entend le bashing que font certains hommes politiques de Bruxelles ou de Molenbeek, cela pose question. Et je réaffirme ici ma fierté d'être Bruxelloise."

Ce qui la frappe, en plus de cette déclaration, est la provenance de cette polémique. "Quand j'ai vu ces propos, je me suis demandé si c'était un homme de gauche ou un homme qui flirte avec l'extrême droite qui tenait ce discours. J'étais loin de me douter qu'un président de parti socialiste flamand pouvait tenir ce genre de propos extrêmement insultants pour une très grande partie de la population bruxelloise."

Interrogé sur Radio 1, Conner Rousseau, président de Vooruit en Flandre, avait déclaré maintenir ses propos. Il s'est également défendu en expliquant qu'en réalité, il plaidait surtout pour une bonne mixité sociale. "Dans certains endroits, elle a disparu. Si vous êtes dans certaines régions où les gens ne parlent que l'arabe ou ne parlent pas assez les langues de notre pays, vous n'encouragez pas les enfants à apprendre cette langue", avait-il également annoncé pour De Morgen.

De par cette polémique, le socialiste flamand n'a-t-il pas voulu se faire le porte-parole de nombreuses personnes qui ne reconnaissent pas les codes de certains quartiers? "Je peux comprendre qu'il existe des questionnements sur la diversité et le manque de mixité sociale dans certains quartiers. Dans certains quartiers bruxellois, il y a un manque de diversité. Molenbeek en fait partie", a-t-elle admis. "Mais déverser comme ça son mépris et sa méconnaissance des Bruxellois et des Bruxelloises, c'est assez inquiétant. Je me pose la question : est-ce que Conner Rousseau a déjà discuté avec des habitants de Molenbeek ? J'habite ici depuis très longtemps. Je traverse ces rues tous les jours que ce soit à pied, avec une trottinette ou en transport en commun. Je me demande vraiment si Conner Rousseau a traversé Molenbeek autrement que dans sa voiture avec son chauffeur ?"

Pour l'écologiste, l'objectif est clair à l'avenir. "On doit pouvoir travailler sur ce manque de mixité sociale pour rapprocher et se faire rencontrer les différentes populations. Mais déverser comme ça son mépris et sa méconnaissance des Bruxellois et des Bruxelloises, c'est assez inquiétant."

La mixité sociale n'est pas le seul problème existant dans cette commune. Effectivement, une série de fusillades ont éclaté ces dernières semaines. "Effectivement cela nous inquiète très fortement. Il existe aussi des soucis de propretés ou d'accès au logement. Ce sont tous des défis importants. Mais on les relève ensemble. Et certainement pas en stigmatisant une partie de la population. Car les stigmates ne permettent pas de faire face au problème. Majorité comme opposition, nous devons travailler tous ensemble pour faire progresser l'enseignement et faire valoir les droits des uns et des autres"

Rajae Maouane explique également avoir proposé à Conner Rousseau de venir visiter sa ville. Une invitation qui tient toujours. "Je lui ai envoyé un petit SMS hier matin pour l'inviter à venir visiter Bruxelles et Molenbeek. Je n'ai pas encore reçu de réponse", a-t-elle conclu.


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