"Je n’ose plus me balader main dans la main avec un homme à Molenbeek"

Ce mercredi, la RTBF revenait sur les propos du président de Vooruit.

"Je n’ose plus me balader main dans la main avec un homme à Molenbeek"
©BELGA

"Quand je passe par Molenbeek en voiture, je ne me sens pas en Belgique." Une petite phrase qui a été commentée de tous côtés en Belgique. Le président socialiste flamand qui a lâché ces mots se retrouve au centre des débats. Et ce mercredi, c'est l'émission "QR le débat" de la RTBF qui revenait sur les propos du président de Vooruit avec ses invités, qui condamnent tous ces propos.

Dans le panel des invités, il y avait notamment l'ancien journaliste télé et député fédéral MR, Michel De Maegd. Il appelle à s'inspirer de Bart Somers, élu meilleur bourgmestre du monde (Malines) il y a maintenant cinq ans.

"Une société est une société vivante. Le changement fait partie de la vie en société. Je déplore que trop souvent, nous vivons côte à côte et non pas les uns avec les autres", entame le député libéral. "Il faudrait avoir plus de mixité, mélanger les gens parce qu'il est naturel que nous vivions les uns avec les autres et non pas côte à côte. Et pour ça il y a des recettes. C'est le cas par exemple de Bart Somers à Malines. Il a fondé sa politique sur trois piliers : l'excellence dans l'éducation, la sécurité et la rénovation urbaine." Selon l'homme politique, Bruxelles ne travaille pas assez sur ces trois piliers.

Mais pour le président du Parlement de la Région Bruxelles-Capitale, Rachid Madrane (PS), la mixité sociale est une théorie pas assez mise en pratique en 2022. "Tout le monde en parle, mais quand on dit qu'on va construire des logements sociaux pour accueillir des populations et donc faire de la mixité sociale, c'est-à-dire ramener des gens avec des revenus supérieurs dans des communes moins favorisées et inversement, personne n'ose et ne veut accueillir ce type de logements sociaux dans certaines communes", insiste le président. "La Belgique aujourd'hui est l'un des pays qui discrimine le plus l'intégration. La réalité, c'est que nous avons un discours contradictoire et attitudes schizophrènes."

Gilles Verstraeten, député bruxellois N-VA, a souligné les propos de Rachid Madrane. "Je suis très fier que Monsieur Madrane soit le président de mon assemblée. Il est plus belge que moi et a entièrement raison. On doit arrêter de tenir des propos comme M. Rousseau", a entamé le député néerlandophone. "J'ai d'ailleurs écrit une pièce d'opinion au sujet des jeunes de Cureghem après une émeute et le Vlaams Belang a essayé de me tuer politiquement pour avoir essayé de faire fonctionner notre diversité. Mais il faut avouer qu'il y a un souci dans certaines communautés issues de la migration. Ainsi par exemple, une majorité de musulmans en Belgique veut faire fonctionner le vivre ensemble et une minorité assez large malheureusement s'y oppose et est très visiblement représentée dans certains de nos quartiers. Des gens qui s'identifient plus à leur religion qu'à nos lois. Nous devons y travailler pour établir un projet commun."


"Le problème ne vient pas de l’origine des gens"

Selon le député N-VA, "le problème c'est que dans certains quartiers bruxellois, parce qu'on a mal géré l'intégration de migrants, certains vivent parallèlement au reste de la société. Je vais donner l'exemple de l'homosexualité. Je suis un homme homosexuel. On a approuvé le mariage en 2003, l'adoption en 2006. Dans certains villages en Flandre, c'est une évidence. Mais personnellement dans mon quartier à Cureghem, dans le bas de Molenbeek, je n'ose pas me promener main dans la main avec un homme. Le problème ne vient donc pas de l'origine des gens mais des valeurs culturelles ou religieuses qui diffèrent de la société, du repli sur soi."