La ministre Kitir en Palestine, du camp de réfugiés de Shuafat à un village bédouin

La visite en territoires palestiniens de la ministre de la Coopération au développement Meryame Kitir (Vooruit) l'a menée lundi au camp de réfugiés de Shu'fat (ou Shuafat), le plus grand de Jérusalem-Est, la ministre ayant insisté pour s'y rendre.

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Le camp, isolé du reste de Jérusalem par le mur de séparation, n'est accessible que par un checkpoint israélien, ce qui complexifie les déplacements des personnes qui y vivent. Il faut compter jusqu'à 1h30 pour pouvoir passer, pour se rendre à l'hôpital ou au marché, alors que le quartier appartient administrativement à Jérusalem. Les personnes qui y vivent, des Palestiniens, s'y entassent dans des blocs d'appartements de piètre qualité, un égout à ciel ouvert longeant le mur. Les services à la population sont lacunaires. Il y a "une aggravation dramatique des conditions de vie", selon un responsable de l'UNRWA, l'agence des Nations Unies qui soutient les réfugiés palestiniens au Proche-Orient. La Belgique finance l'organisation à hauteur de sept millions d'euros par an, et contribue également au financement de projets au bénéfice des réfugiés pour 4,5 millions.

La ministre a fait état d'un "sentiment d'injustice", après s'être rendue sur place. "Ces gens doivent se battre pour des droits de base. Quand on pense à un camp de réfugiés, on pense à des tentes. Ici, ce sont des camps bétonnés, ce qui démontre le temps depuis lequel le conflit s'enlise", note-t-elle. La Belgique continue de soutenir une solution à deux Etats, avec Jérusalem comme capitale partagée, a-t-elle rappelé.

Lundi également, une visite à la communauté bédouine d'Abu Nuwar était prévue, en Cisjordanie. La construction de colonies juives et d'une route y met en danger la survie du village, où les Bédouins vivent depuis les années 1960. Le village fait de baraques, où vivent environ 750 personnes, a désormais vue sur des colonies israéliennes modernes entourées de verdure.

Un consortium d'ONG bénéficiant du soutien d'une dizaine d'Etats européens dont la Belgique a témoigné sur place de la vie de plus en plus difficile de ces villageois. Ces dernières années, une cinquantaine d'incidents ont eu lieu impliquant des autorités israéliennes détruisant des infrastructures des Bédouins pour cause, selon elles, de construction illégale.

L'école de la communauté a été détruite quatre fois, puis reconstruite avec l'aide des ONG. Des réservoirs d'eau mobiles ont été confisqués, et la construction d'une route a réduit l'espace disponible pour laisser paître les animaux du village. Le troupeau de moutons s'est vu réduit de 12.000 à environ 4.000 bêtes. Sur le plan administratif, les habitants n'ont pas la possibilité d'enregistrer Abu Nuwar comme domicile. L'armée israélienne prend des images du village une fois par semaine, à l'aide de drones, affirme un habitant, tandis que d'autres disent avoir renoncé à l'ambition de placer des fenêtres, par crainte des destructions.

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