L'accueil des réfugiés ukrainiens fait toujours débat au sein de la Vivaldi: "Nous devons collaborer"

Le secrétaire d'Etat à l'Asile, Sammy Mahdi, a renvoyé mercredi une nouvelle fois chacun à ses compétences dans l'accueil des réfugiés ukrainiens.

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©GUILLAUME JC

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Belga

Pourtant, à l'heure où la solidarité affichée par les familles d'hébergeurs montre ses limites, certains dans la majorité plaident pour une implication du fédéral. "Je ne veux pas en faire un jeu communautaire", a assuré le secrétaire d'Etat en réponse à des questions en commission de la Chambre. Mais, si la Flandre a commencé la mise en place de structures d'accueil collectives, celles-ci se font attendre à Bruxelles et en Wallonie. "Je sais que ce n'est pas évident mais je constate que certains peuvent le faire. Nous devons collaborer. Ma première inquiétude, ce sont les familles ukrainiennes".

Le fédéral se charge de l'enregistrement et de l'accueil de crise mais, vu le statut de ces réfugiés, qui ne sont pas des demandeurs d'asile, il incombe aux Régions de prendre en charge leur hébergement. Aujourd'hui, quelque 40.000 personnes ont été enregistrées. Un grand nombre disposait déjà d'une solution d'hébergement, parfois temporaire, alors que les autres ont été aiguillés vers les possibilités d'accueil disponibles dans les communes.

"Il y a un rôle important à jouer dans les entités fédérées mais, depuis le début, je pense que c'est le fédéral qui doit prendre en charge les trois, quatre premiers mois de l'accueil car il a l'expérience dans ce domaine", a souligné Hervé Rigot (PS).

A l'instar d'Ecolo-Groen, le socialiste s'inquiète de l'évolution de la situation lorsque les familles d'accueil commenceront à se faire rare. Qui plus est, a-t-il rappelé, la Wallonie est toujours confrontée au problème du relogement des sinistrés des inondations. Il a reçu le soutien de Theo Francken (N-VA). Les familles d'accueil ne pourront pas tenir pendant des années, a-t-il fait remarquer. À ses yeux, après avoir lancé le #placedispo d'appel à la solidarité au début de la crise, le secrétaire d'Etat "fuit ses responsabilités". L'interrogation est aussi présente chez Vooruit. Le député Ben Segers a insisté sur l'aspect trop aléatoire d'un hébergement trouvé par un simple contact sur internet. "Cette situation n'est pas optimale et un accueil plus durable ne peut dépendre de contacts au hasard. Les attentes des uns et des autres ne correspondent pas toujours. Dans le pire des cas, cela peut mener à de l'exploitation", a-t-il averti.

Au début de la guerre en Ukraine, la Belgique évaluait à 200.000 le nombre de réfugiés qu'elle pourrait être amenée à accueillir. Aujourd'hui, il est de 40.000. Le secrétaire d'Etat ne s'est pas risqué à un pronostic sur le nombre d'Ukrainiens qui pourrait encore se rendre en Belgique ou à l'inverse rentrer au pays, sans compter ceux qui vont et viennent. Actuellement, le nombre d'enregistrements par le fédéral tourne autour de 300 par jour, mais la situation peut varier d'un jour à l'autre. Ainsi, le lundi 2 mai, le compteur est monté à 582.

Le nombre d'inscrits au registre national, qui se fait au niveau communal (cette étape est nécessaire pour obtenir une carte de séjour A "séjour limité", sur base de l'attestation de protection temporaire), est quant à lui plus faible, parce que les réfugiés s'inscrivent souvent plus tard et certaines communes ont eu du mal à suivre. Il était lundi de 18.032, dont 11,2% à Bruxelles, 29% en Wallonie et 58,7% en Flandre.

L'enregistrement par le fédéral se déroule au Palais 8 du Heysel. Même si la capacité a été réduite au regard des premières semaines, il n'est pas question pour l'instant de trouver un autre lieu, a indiqué M. Mahdi.