Interdiction des pubs pour les paris : les ligues sportives proposent une alternative

La proposition d’arrêté royal du ministre de la Justice passe mal auprès des fédérations sportives.

Belga
betfirst, paris sportif , gagnant , argents , jeux , foot, sports
©Cameriere Ennio

Écouter cet article

Lire d'autres articles audio

Le secteur du sport va formuler une solution alternative à l’interdiction de la publicité grand public pour les jeux d’argent proposée par le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne (Open VLD), a annoncé dimanche le directeur de la Pro League de football, Lorin Parys, à l’agence Belga. M. Van Quickenborne a effectivement préparé un arrêté royal visant, comme le prévoit l’accord de gouvernement, à lutter contre la dépendance au jeu en interdisant globalement la publicité pour les paris et les jeux de hasard. Ce texte devrait entrer en vigueur à la fin de l’année après avoir été soumis à la Commission européenne et dans l’attente d’un avis du Conseil d’État.

Le principe de base sera désormais que seules les personnes qui veulent jouer et recherchent activement des informations sur les jeux de hasard seront confrontées à ces publicités, selon le ministre.

De nombreuses formes de publicité pour les jeux de hasard devraient être interdites. Il s’agit des spots publicitaires à la télévision, à la radio et dans les salles de cinémas, des annonces publicitaires et des publicités vidéo sur les sites web, les canaux numériques et les plateformes de réseaux sociaux, des publicités dans les magazines et les journaux, des affiches publicitaires dans les espaces publics, des publicités personnalisées par mail, poste, services de messagerie, SMS ou réseaux sociaux, de tous les imprimés publicitaires ainsi que des jeux de démonstration gratuits pour attirer les clients. De même, le sponsoring sportif devrait disparaître à partir du 1er janvier 2025.

Le MR obtient de nouvelles discussions

Le projet de M. Van Quickenborne a reçu un accueil favorable des six ministres compétents en la matière du gouvernement fédéral et des autres partis composant la coalition Vivaldi. À l’exception notable du parti libéral francophone, le MR, qui a obtenu de nouvelles discussions sur le sujet au niveau du gouvernement fédéral.

Le CEO de la Pro League de football a pour sa part indiqué dimanche que les clubs sportifs avaient préparé leur propre proposition alternative. M. Parys a consulté ses homologues des ligues de basket-ball, de volley-ball et de cyclisme, a-t-il expliqué à l’agence Belga.

Ils ne voient, selon lui, aucun avantage à une interdiction, mais sont prêts à prendre des mesures pour s’assurer qu’aucune publicité ne s’adresse aux jeunes, qu’aucun "appel à l’action" ne soit incorporé dans la publicité et qu’une politique visant des groupes cibles soit élaborée pour, par exemple, les joueurs problématiques.

"Nous sommes prêts à élaborer des mesures strictes, même si elles réduisent nos revenus", a dit M. Parys. Il a cité, à titre d'exemple, que toute expression de publicité soit soumise à la Commission des jeux de hasard ou qu'il ne soit plus possible de parier sur des phases de matchs.