Marc Antoine Mathijsen défiera Maxime Prévot à la présidence des Engagés

L’intéressé avait quitté le PSC en 2002, lors de sa mue en CDH, pour fonder le CDF (Chrétiens démocrates francophones).

A.C.
Marc Antoine Mathijsen défiera Maxime Prévot à la présidence des Engagés
©Belga/Antoine Clevers

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"Je crois que je peux gagner", dit-il sans sourciller. Marc-Antoine Mathijsen a annoncé, lundi, sa candidature à l'élection présidentielle des Engagés, prévue le 22 juin. Il est le premier concurrent déclaré du président sortant, Maxime Prévot. Pour l'heure, on voit mal comment le Namurois pourrait perdre.

Une candidature qui le titillerait davantage est celle de François-Xavier Blanpain, qui avait tenté sa chance une première fois en 2019, déjà contre Maxime Prévot. "C'est quelqu'un d'intelligent. Il a un réseau. Il peut rallier les mécontents et faire 20 ou 25 %", pense un ténor du parti.

"Envisager une candidature, la mienne ou celle d'un autre à soutenir, est prématuré, réagit M. Blanpain. Maxime Prévot a envoyé des signaux lors du congrès de samedi à propos des critiques qui ont été émises. On attend de voir comment il traduira cela dans la réalité - par son équipe, sa méthode de travail, sa disponibilité pour son mandat de président (il est aussi député-bourgmestre, NdlR). D'ici là, des consultations sont en cours."

La contestation est réelle chez Les Engagés, même s’il est difficile d’en évaluer l’ampleur. Le parti, successeur du CDH, a gommé de son manifeste toute référence chrétienne. Ce choix passe mal chez une série de mandataires. Certains accusent aussi la présidence d’avoir cadenassé les débats internes.

Samedi, lors du congrès qui clôturait la refondation du CDH, les absences des anciens présidents Joëlle Milquet et Benoît Lutgen, et de la cheffe de file à la Chambre, Catherine Fonck, ne sont pas passées inaperçues. Mme Milquet avait "un week-end familial à la Côte prévu depuis cinq mois", a-t-elle indiqué à La Libre. M. Lutgen devait, lui, assumer des obligations locales. D'aucuns diront que ça l'arrangeait bien. Sur le fond, les trois intéressés se refusent à tout commentaire.

Retisser des liens avec le CD&V

"Je suis d'accord avec 90 % du manifeste. Ce qu'il manque, ce sont les racines chrétiennes", reprend Marc-Antoine Mathijsen. Ce dernier regrette l'abandon du personnalisme chrétien, le renvoi de la foi dans la sphère privée, l'abandon du cours de religion en secondaire… Et plaide pour un retour aux sources de la démocratie chrétienne, vue comme la "boussole idéologique" qui permettra aux centristes de retrouver les scores électoraux d'antan. Il avoue aussi son admiration pour Sammy Mahdi, probable futur président du CD&V. Et souhaite que son parti "lie son sort au CD&V" au fédéral.

Sur l'invitation envoyée à la presse, lundi, pour l'annonce de sa candidature, Marc-Antoine Mathijsen mentionnait les noms de Joëlle Milquet, Benoît Lutgen et Catherine Fonck. Aucun des trois, pourtant, n'a été consulté. "Je découvre mon nom sur l'invitation de presse. Je n'étais pas au courant. Je ne suis pas associée à la candidature de M. Mathijsen", a fait savoir Mme Fonck à La Libre, en pleine conférence de presse du candidat.

Marc Antoine Mathijsen défiera Maxime Prévot à la présidence des Engagés
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L'intéressé avait quitté le PSC en 2002, lors de sa mue en CDH, pour fonder le CDF (Chrétiens démocrates francophones). Il rentrait au bercail en 2004, avant de repartir en 2009, de se présenter sur une liste MR aux communales de 2018, et de revenir au CDH "il y a trois ans". "Je suis volatil, comme les électeurs, dit-il, mais j'ai toujours été fidèle à mes valeurs."

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