Une plainte pour sexisme agite la majorité à Schaerbeek

L’échevine Sihame Haddioui accuse l’échevin Michel De Herde de sexisme et attentat à la pudeur. Il nie en bloc.

AdM
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L’affaire agite le collège communal de Schaerbeek, sixième commune la plus peuplée de Belgique. L’échevine de la Culture, de l’Égalité des genres et des chances, Sihame Haddioui (Écolo) a déposé plainte lundi pour acte de sexisme et attentat à la pudeur contre un autre échevin de la commune. Il s’agit de Michel De Herde (Défi), en charge de l’Enseignement, et du Budget. Le mandataire amarante nie les faits, catégoriquement.

Sihame Haddioui avait déposé, au mois de février, un premier signalement interne auprès de la bourgmestre Cécile Jodogne (Défi). Celle-ci, membre du même parti que Michel De Herde, avait alors, à la demande de Sihame Haddioui, déplacé les sièges des deux élus locaux afin que ceux-ci ne soient plus assis côte à côte durant les conseils communaux et les réunions du collège. "Mais j'ai estimé que changer de place n'était plus suffisant , a déclaré Sihame Haddioui à la DH. Depuis le mois de mars, je ne vais plus en conseil. C'est une situation qui impacte concrètement mon travail d'échevine. Je décide donc de porter plainte au pénal parce que c'est mon ultime recours, j'ai essayé toutes les pistes en interne." Et de poursuivre : "C'est systématique, on l'a vu récemment avec Caroline Persoons, ce sont les femmes qui se retirent de la vie politique. On reste dans des milieux politiques très masculins avec une culture de la banalisation de la violence. Il y a une tolérance sociale pour les comportements jugés 'bons vivants'."

"Je suis très limitée dans les mesures "

Le collège communal doit se réunir mardi et discuter de l'affaire. "Les dossiers continuent d'être traités par Mme Haddioui, nous indique Cécile Jodogne. J'ai reçu une plainte formelle fin février. On réfléchit à comment fonctionner pour qu'elle revienne parmi nous, car la situation m'attriste. Mais c e ne sont pas des procédures habituelles, comme entre une fonctionnaire et un échevin, où un organisme extérieur prend le relais. C'était à moi de les entendre, ce que j'ai fait. Mais je suis très limitée dans les mesures."

Cécile Jodogne n'envisage pas à ce stade de demander à Michel De Herde de faire un pas de côté, le temps de l'enquête. "Il nie tout catégoriquement et c'est la parole de l'un contre celle de l'autre. Je n'ai pas beaucoup de possibilités. Deux éléments sont essentiels pour moi. Entendre et écouter la parole d'une femme, et des femmes. Mais aussi respecter la présomption d'innocence, ajoute-t-elle. À ce stade, c'est compliqué d'aller plus loin. Personnellement, je ne peux que regretter que, généralement, les conséquences doivent être supportées par la victime. I l ne s'agit pas d'une affaire politique. J'aurais agi pareil si c'était deux échevins de la liste du bourgmestre."

Devant le comité éthique

Michel De Herde sera entendu par le comité éthique de Défi. Dans l'intervalle, le groupe Écolo schaerbeekois ne réclame pas de mesures supplémentaires. "Je soutiens Sihame dans sa démarche, pointe Vincent Vanhalewyn (Écolo), premier échevin. Il y a quelque chose d'injuste dans le fait que ce soit la victime qui ne participe plus au collège. C'est un problème. Je vais attendre de voir la réaction de Défi, car c'est à eux de se positionner dans un premier temps."