"Fiançailles" très officieuses entre la N-VA et Vooruit

Nationalistes et socialistes font déjà partie de la même majorité à Anvers où la machine est désormais bien huilée.

"Fiançailles" très officieuses entre la N-VA et Vooruit
©ALEXIS HAULOT / JC GUILAUME

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2024, c’est dans deux ans. Les partis politiques se recentrent sur leur ADN, leurs thématiques, leurs priorités. Dans les quartiers généraux des partis politiques, l’heure est aux discours rassembleurs. On affûte ses armes. La N-VA prépare son congrès de 2023. Pareil pour l’Open-VLD et pour Groen. Le CD&V a tenu son congrès en décembre 2021. Tous les regards sont maintenant fixés sur le futur et probable président du CD&V : Sammy Mahdi. Réussira-t-il à redonner vie à un parti à bout de souffle et à redonner à ces membres la capacité de croire en leur engagement ?

Haut potentiel

Et Vooruit ? Le parti que préside Conner Rousseau ne brigue rien de moins qu’un premier rôle sur l’échiquier politique. Le jeune prodige des socialistes flamands estime que le combat politique se livre aussi bien dans le champ des valeurs idéologiques que dans celui du marketing politique. Et la mayonnaise a pris.

Conner Rousseau sait que son parti peut encore gagner des voix, beaucoup de voix. Selon le professeur Stefaan Walgrave de l’université d‘Anvers (UA), Vooruit a encore du potentiel, presque autant que la… N-VA.

À en croire De Stemming, le sondage effectué début mai par l'UA et de la VUB, des électeurs du CD&V, de Groen, de la N-VA et de l'Open-VLD pourraient un jour rallier le parti socialiste. La priorité absolue du parti est de récupérer les déçus du socialisme qui ont voté Vlaams Belang au dernier scrutin.

Gagnant gagnant

Si la création d’un front de gauche en Flandre n’est pas du tout à l’ordre du jour, on constate que les extrêmes (PVDA à gauche et Vlaams Belang à droite) continuent de gagner des points dans les sondages alors que les partis centristes ne cessent de chuter et luttent pour leur survie. La Belgique politique est ainsi faite : ensemble on est plus fort, seul on ne peut rien. Et donc, tout passe par des alliances plus ou moins durables.

On sait à présent que Bart De Wever (N-VA) compte sur son jeune ami Conner Rousseau de Vooruit pour couler dans du béton son projet confédéral avec le PS après les élections de 2024. En échange, les socialistes flamands recevraient des compétences essentielles au gouvernement flamand. À Anvers, une majorité N-VA, Vooruit et Open-VLD est en place depuis 2018 et la machine est bien huilée. À l’horizon 2024, l’alliance avec les socialistes de Vooruit, c’est le plan A de la N-VA. Le plan B serait que la N-VA dirige la Flandre avec le Vlaams Belang… Selon le politologue Bart Maddens, ce dernier scénario n’a que peu de chances d’aboutir.