Quand Georges-Louis Bouchez s'en prend à Alexander De Croo en voulant faire la leçon à Thomas Dermine

Le président du MR a voulu corriger une formulation utilisée dans une story Instagram pour décrire la remise d'une oeuvre au Musée national de Kinshasa.

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Quand Georges-Louis Bouchez s'en prend à Alexander De Croo en voulant faire la leçon à Thomas Dermine
©DEMOULIN BERNARD

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La mission royale au Congo est un exercice diplomatique extrêmement délicat où chaque expression est soupesée avant d'être exprimée publiquement. Un mot est au coeur de cette visite: la restitution. Et celui-ci fait assurément débat.

Mercredi, pendant la visite au Musée national de Kinshasa, le Roi Philippe a dévoilé un masque géant du peuple Suku . "Cette œuvre exceptionnelle est mise à disposition du Musée National de la République démocratique du Congo par l'Africa Museum de Belgique et pourra désormais être admirée sur ses terres" , a communiqué le Palais royal.

Pour illustrer cet évènement, Alexander De Croo a posté une story Instagram. Le Premier ministre y décrit un moment émouvant qui s'est fait "en restituant les oeuvres au Congo" . Tagué sur la story, le secrétaire d'État chargé de la Politique scientifique Thomas Dermine (PS) a repartagé le message du chef du gouvernement. Ce qui lui a valu d'être taillé par Georges-Louis Bouchez.

"Non, ce n'est pas une restitution d'œuvre mais un prêt. Merci au secrétaire d'Etat de rester dans le cadre arrêté par le gouvernement fédéral. Aucune œuvre n'est rendue pour le moment. Nous en sommes à la phase de l'analyse" , a tweeté le président du MR.

Sur le plan lexical, le libéral avait techniquement raison. Il ne s'agit pas d'une restitution mais bien d'un prêt, en atteste cette phrase communiquée par le Palais royal. "Ce prêt à durée illimitée marque symboliquement le début du renforcement de la collaboration scientifique et muséale entre la Belgique et la République démocratique du Congo."

Mais sur la forme, il s'agit d'une attaque directe au Premier ministre, comme l'ont souligné des dizaines de réponses scandalisées. En voulant faire la leçon au secrétaire d'État carolo, le Montois a recadré le Premier ministre brakelois.

On notera que ce n'est pas la première fois que Georges-Louis Bouchez tacle indirectement le chef du gouvernement. Le 2 juin, après une séance plénière particulièrement vivace lors de laquelle Alexander De Croo avait été étrillé par tous les partis dans l'hémicycle à propos des négociations avec Engie, le président avait tweeté: "La décision de prolonger deux réacteurs nucléaires a été prise sous le gouvernement Vivaldi. On peut donc parler de l'Histoire par curiosité mais l'obligation de résultats incombe bien à ce Gouvernement. Il n'y a aucune alternative, il faut réussir cette négociation."

Pourquoi s'était-il fendu de ce tweet ? En réponse aux députés qui l'accusaient de se faire mener en bateau par la multinaltionale du nucléaire, Alexander De croo avait répondu ce jour là: "Il faut mener de telles négociations avec sang froid, dans le respect des responsabilités de chacun ainsi que des responsabilités historiques."

Est-ce le début d'une nouvelle relation entre les deux figures libérales, une relation basée sur la correction des propos tenus ?