Georges-Louis Bouchez attaque le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort: "Il est aux abonnés absents"

Ce jeudi dans "Il faut qu'on parle", Maxime Binet recevait le président du MR Georges-Louis Bouchez, afin d'aborder notamment la question du pouvoir d'achat, qui est sur toutes les lèvres en cette période de contestation sociale et d'inflation.

M.Ch

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Mercredi, les experts du gouvernement fédéral ont rendu un rapport intermédiaire qui émettait 9 pistes de réflexion pour protéger les Belges face à l'inflation. Pour le Mouvement Réformateur, les choses sont très simples. "Il faut des réformes structurelles en baisse d'impôts et certainement pas de nouvelles taxes. La Belgique se situe dans le top 5 des pays les plus taxés, des pays ayant le plus de déficit en Europe ainsi que des pays où il y a le moins de travailleurs. Il faut augmenter le nombre de gens qui travaillent pour baisser l'impôt de chacun."

Pour Georges-Louis Bouchez, la solution ne se trouve certainement pas dans l'endettement. "Il va falloir qu'on reparle budget ! Pour la première fois depuis de nombreuses années, la Banque centrale européenne a augmenté ses taux d'intérêts. Cela veut dire que si on dépense sans compter maintenant, ce déficit va augmenter et cela va provoquer des scénarios très durs qui vont se répercuter sur la population belge."

L'une des pistes proposées par les experts du gouvernement fédéral serait-elle envisageable pour le MR ? "Réduire les voitures de société, ce n'est pas compliqué. Mais les voitures de société représentent 300 à 500 euros de pouvoir d'achat pour les travailleurs qui en bénéficient. Ce n'est pas le moment de retirer du pouvoir d'achat à des milliers de travailleurs, indique le libéral avant de dénoncer le problème de l'Etat: "Il faut arrêter les brols ! Il faut baisser les impôts et réduire le train de vie de l'Etat car on a 55 ministres. De l'autre côté il est nécessaire d'augmenter le taux d'emploi. C'est à cause du nombre de personnes qui ne travaillent pas que ceux qui travaillent payent tant d'impôts."

D'ailleurs, l'un des gros soucis de notre société pour Georges-Louis Bouchez est celui de la taxation, notamment des revenus qui ne profitent pas des aides sociales. "Entre 1800 et 2200 euros net par mois, on considère en Belgique que vous êtes riche. Un professeur qui gagne plus de 41.000 euros par an, il payera 50% d'impôts sur chaque euro après ces 41.000 euros. C'est une taxation de riches", fustige le président du MR.

Pour son parti, une réforme simple aiderait ces revenus fortement touchés par l'inflation. "Actuellement, vous ne payez pas d'impôts avant 9.000 euros, nous proposons d'augmenter ce montant à 12.000 euros. Pourquoi ce nombre ? Car c'est le revenu d'intégration sociale. Cela veut dire qu'en Belgique, vous payez des impôts avant même d'atteindre le revenu d'intégration sociale."

Et ce n'est pas tout, le libéral enchaîne sur une autre situation "vexatoire" pour les travailleurs. "Pour 20.000 euros brut par an, 1876 euros iront aux impôts pour les travailleurs. Pour 20.000 euros brut par an touchés par les gens au chômage, 0 euro ira aux impôts. C'est profondément scandaleux. Il faut récompenser les travailleurs", insiste Georges-Louis Bouchez.

Selon le président du MR, trop de structures étatiques jonchent le sol belge, notamment en Wallonie. Pour autant, la région de Bruxelles n'a pas non plus une situation exemplaire. "Bruxelles est pire que la Wallonie. A-t-elle besoin de 89 députés, 19 communes, autant de zones de police ? Il faut essayer de clarifier tout cela. Si l'on parle de la mobilité, il est impossible d'avoir un vrai plan de mobilité ou de stationnement. Car les communes se font la concurrence. Oui il faut un big bang, car avec toutes les couches de pouvoir, plus personne ne prend de décision."

Georges-Louis Bouchez vise la gestion du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort. "Je sais que ce n'est pas populaire mais à chaque niveau de pouvoir il faut un chef. Il faut pouvoir écouter tout le monde mais, à l'arrivée, un patron doit trancher. Le ministre-président bruxellois est aux abonnés absents. Il a à peine le rôle d'un notaire. Il fait les PV des réunions", pique le libéral avant d'affirmer sa vision de la gestion: "Un responsable politique, c'est fait pour décider ! Celui qui fait de la politique et qui ne fait que consulter, alors qu'il change de métier. Je vise les politiques qui préfèrent tout faire via des grandes consultations. On est payé pour quoi, si ce n'est pour prendre des décisions ?"