La sortie d'un élu sur l'avortement provoque des remous au MR : "Cela en dit long sur la tournure réactionnaire que prend ce parti", tacle Magnette

Pour le président socialiste, Georges-Louis Bouchez se doit de recadrer le bourgmestre MR de Wezembeek-Oppem, Frédéric Petit, suite à ses déclarations sur l'avortement.

La rédaction (avec Adrien de Marneffe)
La sortie d'un élu sur l'avortement provoque des remous au MR : "Cela en dit long sur la tournure réactionnaire que prend ce parti", tacle Magnette
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Ce dimanche, La Libre rapportait les propos d'un élu MR sur l'avortement. Frédéric Petit, bourgmestre de Wezembeek-Oppem, nous confiait: "Je suis opposé à l'avortement libre, sauf pour des raisons thérapeutiques, par exemple si on sait que l'enfant n'aura qu'une espérance de vie de quelques heures. [...] "Je suis catholique, j'ai reçu une éducation judéo-chrétienne. Je me souviens du roi Baudouin qui s'était placé dans l'incapacité de régner lorsqu'il refusait de signer la loi sur la dépénalisation de l'avortement. Je suis extrêmement réticent à une loi qui autorise l'avortement sans nuance".

Le libéral insistait cependant sur le fait qu'il s'exprimait "à titre personnel, et pas au nom du MR". Car du côté du parti, le président Georges-Louis Bouchez avait en effet appelé à "œuvrer à une Loi fédérale qui protège le droit des femmes à disposer de leur corps".

Les déclarations de Frédéric Petit ont toutefois fait du bruit au niveau politique. Tout d'abord au sein du MR, où Georges-Louis Bouchez a décidé de ne pas recadrer son élu car, selon lui, il s'agit là d'une "opinion et non un délit, raisons pour lesquelles, même si ma position est totalement en faveur de la liberté des femmes à disposer de leur corps et donc en faveur du droit à l'avortement, il est libre et responsable de ses propos."GLB ajoute en outre qu'il "n'y a pas de ligne de parti sur le sujet puisque, depuis 1962, la liberté de vote est la règle sur ces questions."

Mais un autre homme fort du parti, le député fédéral Denis Ducarme, a réagi de façon plus virulente, déclarant: "Tant que je serais député à la Chambre, jamais M. Petit ne sera parlementaire MR. Je ne pourrais jamais accepter cela."

"Ce n'est pas possible d'accepter ce genre d'attitude et de position au sein du MR. Il faut une réaction immédiate !", a quant à lui tweeté Olivier Destrebecq, ex-député wallon.

Au PS, on a également rebondi sur "l'affaire". Paul Magnette, le président du parti, a ainsi commenté sur les réseaux sociaux: "La décision de la Cour suprême bafoue le droit des femmes à disposer de leur corps et met leur vie en danger. Cette prise de position d'un élu MR est révoltante et indigne. L'absence de condamnation de son président en dit long sur la tournure réactionnaire que prend ce parti."