Le bourgmestre MR de Wezembeek, qui s'était positionné contre "le droit à l'avortement libre", présente ses excuses: "Je me suis laissé emporter par mon vécu intime"

Frédéric Petit, bourgmestre de Wezembeek, explique s’être “laissé emporter par (son) vécu intime”. Sa sortie a provoqué des remous au MR et dans sa commune. “Je tiens à présenter mes excuses à ceux qui se seraient sentis associés à mes propos.”

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La Cour suprême des États-Unis a révoqué vendredi le droit à l'avortement. À contre-courant de la majorité de la classe politique belge, le bourgmestre MR de Wezembeek avait expliqué à La Libre soutenir la décision de la Cour suprême américaine. "Je suis opposé à l'avortement libre, sauf pour des raisons thérapeutiques, par exemple si on sait que l'enfant n'aura qu'une espérance de vie de quelques heures. Je suis contre le droit à l'avortement libre", avait déclaré le bourgmestre de Wezembeek-Oppem.

Frédéric Petit a tenu à préciser sa position. “Je maintiens mon point de vue mais je dois aussi tenir compte du fait que mes propos ont mis certains de mes collègues en difficulté, eu égard à ma fonction”, nous explique-t-il.

"Je regrette d'avoir émis cet avis personnel"

Dans un communiqué envoyé à La Libre, il revient sur “les réserves exprimées par rapport aux conséquences du récent arrêt de la Cour Suprême des Etats-Unis”. Frédéric Petit précise que “cet avis a été donné à titre strictement personnel".

Frédéric Petit poursuit. “Je regrette sincèrement d’avoir émis cet avis personnel en oubliant la fonction représentative que j’exerce au sein de la commune.” Il explique s’être “laissé emporter par (son) vécu intime”. “Je tiens à présenter mes excuses à ceux qui se seraient sentis associés à mes propos.” Frédéric Petit, qui nous assure ne pas avoir été contacté ni n’avoir reçu d’injonction de son président de parti, rappelle que le MR, dont il fait partie, “s’est exprimé clairement en affirmant par la voix de son président que le parti ne partageait pas son opinion et était “totalement en faveur de la liberté des femmes à disposer de leur corps et donc en faveur du droit à l’avortement”.

Il conclut en précisant qu’il respecte “la prise de position du parti et apprécie la possibilité qu’ont les membres du MR de s’exprimer et de voter librement dans les débats éthiques comme c’est le cas pour celui de l’IVG”.

Son point de vue personnel “n’a rien à voir avec son engagement de Bourgmestre ni avec la gestion communale”.

Des remous au MR

Cette tentative d'apaisement survient alors que les précédentes déclarations de Frédéric Petit ont provoqué des remous au sein du MR et ont fait bondir plusieurs libéraux, dont Denis Ducarme, Christine Defraigne et Olivier Destrebecq.

Le MR de Wezembeek-Oppem s'est même désolidarisé des propos de son bourgmestre. "Bien que M. Petit soit un bon gestionnaire communal, nous ne partageons pas son opinion sur la question de l'avortement. Nous l'invitons à revoir sa philosophie libérale sur ce sujet", ont-ils déclaré dans la DH.

De son côté, Georges-Louis Bouchez avait précisé que le bourgmestre de Wezembeek-Oppem ne serait pas recadré. "Il n’y a pas de ligne de parti sur le sujet puisque depuis 1962, la liberté de vote est la règle sur ces questions”, avait rappelé le président du MR, ajoutant qu’il s’agissait d’une “opinion et non un délit, raisons pour lesquelles, même si ma position est totalement en faveur de la liberté des femmes à disposer de leur corps et donc en faveur du droit à l’avortement, il est libre et responsable de ses propos".

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