Nicole De Moor, la "Margaret Thatcher chaleureuse de Flandre", compte sur les casernes pour accueillir les demandeurs d’asile

Il y a quelques mois, la Défense, déjà sollicitée, disait faire le maximum.

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Dans le secteur de l'asile, le temps presse. Nicole De Moor (CD&V), la nouvelle secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration hérite d'un département dans la tourmente. Il revient à celle que Sammy Mahdi présente comme la "Margaret Thatcher chaleureuse de Flandre" de trouver une issue à la crise de l'accueil, qui s'éternise depuis de longs mois.

L'ancienne cheffe de cabinet de Mahdi connaît bien les dossiers et pourra donc entrer directement dans le vif du sujet. "Je mettrai vendredi sur la table du gouvernement des propositions de solutions", a-t-elle indiqué lors de la conférence de presse qui a suivi sa prestation de serment devant le Roi.

"Nous devons résoudre cette crise avec tous les partenaires, à savoir les communes, l'agence Fedasil, l'Office des étrangers, mais aussi avec le centre de crise et la Défense", a ajouté Nicole De Moor.

Interrogée par La Libre, la secrétaire d'État précise qu'elle relancera la proposition d'ouvrir des places d'accueil supplémentaires dans les casernes de la Défense.

Une demande ancienne

Ce n’est cependant pas la première fois que cette solution est évoquée. Lors de la crise de l’accueil de 2015, le gouvernement avait opté pour l’ouverture de places sur des sites militaires. Un cas emblématique fut celui de la caserne d’Elsenborn, où 500 demandeurs d’asile avaient pu trouver refuge.

À l’époque, la Défense avait mobilisé au total plus de 6 000 places. Depuis lors, plusieurs sites militaires accueillent encore des demandeurs d’asile. Récemment, c’est le site de l’ancien radar de Glons qui ouvrait ses portes aux demandeurs de protection internationale. Plusieurs contrats pour des villages de containers ont par ailleurs été conclus entre la Défense et Fedasil. Mais cela ne suffit pas à résorber la crise.

Un village d’urgence ?

En novembre dernier, alors que Fedasil n’était (déjà) pas en mesure d’assurer l’accueil de tous les candidats à l’asile, Sammy Mahdi avait évoqué l’idée d’ouvrir davantage de casernes.

La Défense lui rétorquait cependant qu’elle œuvrait dans la limite de ses capacités et que, à l’époque, il n’était pas possible d’augmenter l’effort, notamment à cause de la hausse du nombre de nouvelles recrues, ou la vente de certains bâtiments.

Nicole de Moor saura-t-elle convaincre la ministre de la Défense Ludivine Dedonder (PS) de pousser l’effort un peu plus loin ?

Parmi les autres pistes, la secrétaire d’État évoquait la création d’un centre d’accueil d’urgence.

Récemment, des membres de la majorité fédérale s’étaient aussi montrés favorables à l’ouverture de places dans des hôtels bruxellois.

Les hôtels déjà utilisés

Ce dispositif est déjà utilisé par la plateforme Bruss’Help, l’agence de coordination des dispositifs d’urgence des sans-abri à Bruxelles.

Dans les faits, de nombreux demandeurs d’asile y arrivent, faute d’avoir pu bénéficier d’une place d’accueil dans le réseau Fedasil. Ces logements dans des hôtels ne sont pas gérés par l’État. Mais la secrétaire d’État a coupé court à la proposition. Il lui revient donc de trouver d’autres solutions.