Jan Jambon met Flanders Technology 2.0 en orbite

Le ministre-Président flamand compte dessus pour relancer son exécutif.

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Après deux années de pandémie, il est temps que la Flandre sorte de sa torpeur et d’un certain défaitisme ambiant. C’est en tout cas l’avis du ministre-Président flamand, Jan Jambon (N-VA), qui, informaticien de formation, est convaincu que l’avenir appartient à celles et ceux qui jonglent avec les technologies de l’information.

Pour le chef de l'exécutif nordiste, la Flandre dispose de compétences et de ressources uniques pour faire partie du top mondial dans ce domaine très compétitif. Il veut propulser sa région dans le peloton de tête de l'innovation technologique. Selon lui, un projet enthousiasmant et communautaire Made in Flanders reste le meilleur vaccin contre la grogne des Flamands.

La troisième révolution industrielle

Pour réaliser son grand dessein, Jan Jambon annonce une version 2.0 de Flanders Technology International (FTI), la grand-messe technologique lancée par feu le ministre-Président Gaston Geens en 1982. L'affiche iconique de l'événement - on y voyait un homme serrant la main d'un robot - est gravée dans la mémoire collective. FTI faisait partie intégrante du projet "Troisième révo-lution industrielle de la Flandre" qui a réussi à donner un coup de fouet au savoir-faire et à l'esprit d'entreprise flamands.

Le projet a ensuite donné naissance à plusieurs initiatives sur le terrain dont Imec à Louvain, le Vlaams Instituut voor Biotechnologie (VIB) et Technopolis. L’initiative fut un franc succès dans les années 80 et 90.

Des projets sur orbite

Souvent poussé dans les cordes par différents dossiers, comme la pénurie d’enseignants, les logements sociaux, la réduction des émissions d’azote, les garderies ou la grogne dans le secteur culturel, le gouvernement flamand cherche à surfer sur une vague porteuse, enthousiasmante, un projet susceptible d’être porté par les citoyens flamands eux-mêmes.

Par le passé, plusieurs gouvernements flamands ont tenté de mettre sur orbite des projets tels que Vlaanderen in Actie ou encore Vlaanderen 2 020. Mais ces initiatives furent de courte durée et n’ont pas vraiment donné les fruits escomptés.

Jan Jambon devrait révéler les détails du projet pendant sa traditionnelle "Déclaration de septembre" à la rentrée parlementaire. On sait déjà que cinq événements (living labs) sur divers thèmes - entre autres la santé, l’énergie et le climat - seront prévus en 2023 dans cinq villes flamandes.

Une grand-messe autour de l’innovation technologique sera organisée en 2024, l’année où notre pays présidera le Conseil européen. Le gouvernement flamand a libéré un budget de 13 millions d’euros mais, selon le ministre-Président, ce n’est qu’un début. Il a aussi souligné que la Flandre a investi plus de 3 % de son produit intérieur brut (PIB) dans la recherche et le développement. Selon M. Jambon, il s’agit d’un record européen, seule la Suède fait mieux.

Le Brasschaatois insiste aussi sur les efforts accomplis dans le domaine du climat. "La Flandre fait des efforts, mais elle peut aussi produire des solutions afin de les exporter."

Pas de coupes budgétaires

Jan Jambon en fait un point d'honneur : le budget flamand devrait être en équilibre d'ici 2026 ou 2 027. Le nationaliste flamand ne prévoit pas de coupes budgétaires supplémentaires, mais des mesures ont été prises pour "réduire le déficit structurel d'ici la fin de la législature de 1,8 milliard à 900 millions d'euros".

Enfin, la rumeur veut que Jan Jambon pourrait ne pas être candidat à sa succession en 2024. À la question de savoir si Zuhal Demir, l'actuelle ministre de l'Environnement (N-VA), pourrait lui succéder en 2024, il répond que "c'est une possibilité, mais d'autres personnes du parti aussi pourraient accéder à cette fonction".