Koen Geens tacle sévèrement le fédéral : "Il est devenu quasiment impossible de faire passer des réformes sérieuses"

A l'occasion d'un colloque flamand, l'ex-ministre de la Justice ne s'est pas montré tendre avec le système politique Belge.

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©DEMOULIN BERNARD

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Le 6 juillet dernier un colloque était organisé par l'organisation Pro Flandria, un réseau d'entrepreneurs et d'universitaires flamands. Intitulé "Le premier grand débat sur 2024", l'événement réunissait des personnalités politiques flamandes comme Koen Geens (CD&V). Et l'ex-ministre de la Justice a vertement critiqué le fonctionnement actuel de la Belgique fédérale, et en particulier la politique côté francophone, comme le montre l'enregistrement de la réunion publié ce jeudi.

Pour le député fédéral CD&V, le pays est dans une impasse politique : "Au niveau fédéral, il est devenu quasiment impossible de faire passer des réformes sérieuses. Cela ne marche plus". Koens Geens a surtout souligné le fossé entre le nord et le sud du pays, ce qui le "frustre". "La minorité flamande profite de la majorité wallonne et vice versa", a-t-il regretté en évoquant notamment la question de l'avortement ou du nucléaire. "Si la Flandre décidait seule, il n'y aurait pas d'assouplissement de l'IVG et le nucléaire serait prolongé. Cela coince constamment", a-t-il martelé.

Le politique flamand a poursuivi en taclant la gestion financière de la Wallonie. "Ils ne réussissent pas à faire fonctionner leur gouvernement. Chaque année, ils viennent d'ailleurs vous dire: 'Nous avons encore besoin de dix ans", a-t-il critiqué. et d'avancer que "régionaliser davantage" le pays permettrait d'éviter les tensions.

Koen Geens a défendu l'idée d'un gouvernement fédéral, composé de deux majorités flamandes et francophones distinctes."Tant qu'il n'y aura pas, comme à Bruxelles, un gouvernement constitué de deux majorités - c'est sans doute la N-VA et le Vlaams Belang souhaiteraient, et je suis d'accord en partie avec cela - les Francophones auront leur mot à dire sur qui fait partie du gouvernement côté néerlandophone".

Un discours rapidement salué par la N-VA. "Il devrait aller de soi que les Flamands se rassemblent et agissent en fonction de cette analyse incontestable", a réagi Bart De Wever sur Twitter.


"Le MR transformé en une sorte de deuxième PS"

Koen Geens a aussi taclé Georges-Louis Bouchez, le président du MR, a propos du cordon sanitaire. En avril dernier, le président du MR avait débattu sur le plateau de la VRT avec le leader du Vlaams Belang, Tom Van Grieken, défrayant la chronique pour avoir brisé le cordon sanitaire médiatique avec l'extrême droite. "La Belgique francophone est une enclave en Europe. Une enclave de gauche socialiste, qui n'est absolument pas au goût du jour", a-t-il estimé.

Le député fédéral a aussi directement attaqué le Montois : "Ce qui est étrange, c'est qu'un parti qui était traditionnellement relativement libre d'esprit, est aujourd'hui transformé par Bouchez en une sorte de deuxième PS, où tout le monde doit écouter".