"Un bébé laid", "Rien de bien rassurant", "Cela nous coûtera cher" : la presse belge critique à l'égard de l'accord sur les pensions

Après plusieurs jours de négociations, la Vivaldi a présenté ses mesures pour les pensions. Voici ce qu'en pense la presse belge.

"Un bébé laid", "Rien de bien rassurant", "Cela nous coûtera cher" : la presse belge critique à l'égard de l'accord sur les pensions
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Lundi soir, le kern a trouvé un accord concernant la réforme des pensions. Mais le résultat final ne satisfait pas tout le monde, y compris au sein de la majorité gouvernementale. Mais qu'en pense-t-on dans les différents médias du pays ? Revue de presse.

Des mesures insuffisantes

Pour l'Echo, cet accord "ne répond pas aux inquiétudes liées au financement de notre système de retraite". Pour nos confrères, cette réforme est tout simplement jugée insuffisante. "On craint qu'il n'y en ait pas d'autres, tant l'accouchement fut laborieux. Le compromis nocturne trouvé par les sept partis de la coalition ne concerne d'ailleurs que trois points spécifiques d'une réforme qu'on espérait légitimement plus ambitieuse."

Malgré des négociations intenses, les ministres auraient-ils manqué d'ambition ? " Les ministres se sont limités à cocher quelques cases prévues par leur pacte de gouvernement, rien de plus", poursuit L'Echo.

Cette réforme compte tout de même un aspect positif, selon le quotidien d'information économique. "Nous saluons certaines avancées contenues dans cet accord, notamment en termes d'équité et de valorisation du travail effectif."

Toujours selon l'Echo, cette réforme est une "victoire à la Pyrrhus". "Pour le PS, qui a renoncé à sa condition de carrière de 42 ans pour l'accès la pension anticipée, mais aussi pour le Premier ministre, qui, en s'enfermant dans un calendrier, s'est vu contraint de conclure un accord au rabais qu'il aura d'ailleurs bien du mal à défendre face à une opposition féroce." Avant de conclure: "Cette séquence a encore creusé le fossé entre les partis gouvernementaux sur les questions sociales, érodant leur mince confiance réciproque. Bref, rien de bien rassurant pour la suite d'une législature où il conviendra théoriquement de poursuivre cette réforme des pensions, mais aussi d'entamer celle – cruciale – de notre fiscalité".

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Pour La Libre également, "le contrat n'est pas rempli". "Des points sensibles ont, en outre, été renvoyés aux partenaires sociaux, comme les pensions complémentaires et la soutenabilité financière, ou jetés aux oubliettes. On peut d'autant moins parler de réforme des pensions que ladite soutenabilité budgétaire des mesures prises doit aussi être examinée par le Bureau fédéral du Plan. Et que la viabilité à plus long terme est reportée aux prochaines législatures", écrit-on.

"Une nouvelle dérobade qui nous coûtera cher"

Même son de cloche du côté du Soir, qui qualifie l'accord de "nouvelle dérobade qui nous coûtera cher". "Difficile de parler de victoire s'agissant d'un compromis vidé de presque tout ce qui ne faisait pas compromis…"

Pour nos confrères, même si "les efforts consentis en faveur des femmes recèlent un soupçon d'ambition", cette réforme reste un échec. "Cet accord manque les deux objectifs de long terme, social et financier".

D'après le quotidien, cette réforme en dit long sur la politique du pays. "On en est là : deux ans avant la fin de la législature, chaque décision difficile ou ambitieuse fait craindre une crise gouvernementale. Et chaque accord, fut-il embryonnaire, inachevé ou minimaliste, ouvre ensuite la voie à des divisions publiques des partis du gouvernement".

De son côté, la Capitale critique, elle aussi, cette réforme des pensions. "L'accouchement a été très long et le bébé semble plutôt laid à en croire le déferlement de critiques, même de la part de partis qui ont approuvé l'accord".

Le dromadaire et le cheval

Et qu'en pense-t-on dans le nord du pays ? De Morgen a illustré cette réforme à travers une comparaison... animalière. "Sur votre gauche, vous pouvez voir l'accord sur les retraites que le gouvernement fédéral a finalement conclu. C'est le dromadaire. À droite, la réforme fiscale que le ministre des finances Vincent Van Peteghem (CD&V) met actuellement en place. Un cheval brillant. Du moins, pour l'instant. Il y a fort à parier que l'indignation suscitée par la transformation en dromadaire va bientôt tout simplement changer de camp, de droite à gauche".

Pour nos confrères, cet accord est comparable à la réforme du travail. "Ce qu'il contient n'est pas mauvais en soi, mais ce n'est qu'un début très timide d'une réforme qui sera de toute façon nécessaire".

Selon le quotidien néerlandophone, il faut pointer du doigt les membres de la Vivaldi, sans pour autant oublier le dernier gouvernement. "La désillusion face au zèle réformateur très médiocre du gouvernement fédéral actuel est certainement justifiée. Toutefois, cela n'exonère pas les membres du gouvernement précédent de leur responsabilité politique historique".