Bart De Wever: "La cocaïne est présente partout, même au sein de mon parti. Je trouve ça inquiétant"

Bart De Wever, bourgmestre d'Anvers et président de la N-VA, connait un été des plus tumultueux. Sa ville est en effet le théâtre d'une véritable guerre de la drogue entre narcotrafiquants.

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De retour de vacances, le politicien a donné une interview à Het Nieuwsblad dans laquelle il revient sur les affrontements violents qui ont lieu actuellement à Anvers: "La violence dont nous sommes témoins n'a pas pour but premier de faire des victimes innocentes. Il s'agit d'une violence ciblée exercée par des criminels contre d'autres criminels", a-t-il nuancé. "Evidemment, même si la violence n'est pas dirigée contre vous ou vos enfants, vous pourriez néanmoins en être victime", a reconnu le bourgmestre la ville flamande.

"La cocaïne est présente absolument partout. Et oui, aussi dans mon parti mais également chez les membres des forces d'ordre. Je trouve ça inquiétant. Je dois constamment licencier des policiers parce qu'ils ont été pris en train de consommer de la drogue", a avoué Bart De Wever.

L'une des solutions proposées par les habitants consisterait à expulser les individus visés par les attaques, de sorte à vider la ville de ses criminels. Une pratique déjà utilisée aux Pays-Bas. "La loi ne le permet pas", a détaillé Bart De Wever à nos confrères de Het Nieuwsblad. "J'ai déjà tenté de le faire par le passé mais le Conseil d'Etat avait annulé la décision. Je demande depuis longtemps à ce qu'on octroie plus de pouvoirs aux bourgmestres afin qu'ils puissent lutter efficacement contre le crime organisé." Selon lui, l'opposition au fédéral viendrait essentiellement du côté francophone . Il a cité notamment Georges-Louis Bouchez, président du MR: "Comme si nous étions incapables, dans une ville comme Anvers, de prendre des mesures administratives appropriées", a-t-il vilipendé. "Les déclarations de Bouchez démontrent surtout un manque total d'expérience dans la gouvernance d'une grande ville et le manque de connaissance quant à la réalité du crime organisé."

"On ne se bat même pas..."

Par ailleurs, Bart De Wever a estimé que rien n'était réellement mis en oeuvre pour lutter efficacement contre cette violence liée à la drogue en Belgique: "Quand Mark Demesmaeker, le grand patron de la police, dit : 'la police fédérale est défaillante, nous sommes en faillite'. Personne ne réagit à cela. Trente attaques en un été à Anvers ? Avez-vous entendu le Premier ministre ? J'entends des gens dire que la guerre contre la drogue ne fonctionne pas mais on ne se bat même pas", a-t-il fustigé.

Pourtant, le président de la N-VA a refusé de jeter l'éponge et de légaliser les drogues: "Chaque fois qu'il y a une explosion de violence, il y a des articles d'opinion à ce propos. Il s'agirait de la 'solution au problème'. Je vais continuer à me battre même si nous ne gagnerons jamais la guerre."