"La Belgique, le dindon de l'Europe", "On rirait si on n'était pas en train de pleurer": les réactions de la presse belge face au Codeco énergie

Voici les positions que prennent les médias francophones et néerlandophones belges face aux mesures adoptées par le Codeco "énergie".

"La Belgique, le dindon de l'Europe", "On rirait si on n'était pas en train de pleurer": les réactions de la presse belge face au Codeco énergie
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Ce mercredi 31 août, la Belgique a accouché d'un nouveau Codeco, censé venir à la rescousse de notre pays face à une crise atteignant des records historiques d'inflation et mettant la population en grande peine. La déception se lit dans tous nos médias mais les opinions divergent quant aux actes posés par les gouvernements. Revue de presse.

"La montagne a accouché d'une souris", déclare La Libre Belgique, déplorant une impuissance en dépit d'une envie de bien faire de la part d'Alexander De Croo, envie qui n'est pas suffisante.La Libre souligne le rôle que peuvent encore jouer les Régions pour aider les entreprises ainsi que les indépendants en peine. Dans nos colonnes, on retrouve donc un réalisme cynique qui rappelle le pouvoir belge à l'ordre quant aux cartes qu'il reste encore à jouer avant d'arriver au bout de nos ressources.

Nos confrères de La Dernière Heure regrettent aussi un manque d'action face aux déclarations préalables. Ils rappellent les dangers qui se présentent aux citoyens qui ont dépassé le stade du désarroi pour être en proie à la crainte de l'abandon gouvernemental. La DH rappelle que la population "attend des solutions, pas des discours simples. Vite. Maintenant. Pas demain ou après-demain".

"On n’y est pas encore et, pourtant, le temps presse."

"Il ne faut pas prendre le Codeco pour ce qu'il n'est pas", déclare Le Soir avec une indulgence mesurée. En effet, l'erreur était d'attendre de cette réunion l'arrivée de "mesures nouvelles, fortes, précises, disruptives". Or, il était prévisible selon le quotidien belge que ce qui a traîné pendant des années n'allait pas être accompli en une réunion. De plus, Le Soir souligne que la Belgique repose sur les instances européennes et, bien qu'ayant tenté de faire appel à elles, notre pays ne peut pas outrepasser ce pouvoir. Le Codeco aura donc fait "son possible et le nécessaire", écrit le journal dans son édito.

Het Gazet van Antwerpen fait également preuve d'indulgence envers nos gouvernements, estimant que "l'intention est là" et que tout ce qui pouvait être fait au national avait été accompli et que, comme tant d'autres l'ont souligné, il ne reste plus qu'à attendre que l'Europe s'entende pour faire baisser nos factures d'énergie. Est soulignée la propension des entreprises propriétaires de parcs éoliens à augmenter leurs prix de vente sans pour autant voir un changement de production, tendance qui devra évoluer face à cette crise et à la dépendance de la Belgique envers Engie. Pour les citoyens, il s'agira d’adopter de bons réflexes et de se poser les bonnes questions, d'après le journal flamand.

"On rirait si on n'était pas en train de pleurer"

Le journal flamand Het Laatste Nieuws rejoint cette opinion en soulignant l'impossibilité d'une "annonce soudaine de la solution miracle qui réduirait considérablement et presque immédiatement notre facture". Cependant, "les actes sont plus lents que les mots" et le journal, un brin déçu, souligne la nécessité de construire une politique à même de nous préserver des chocs "effrayants et insoutenables" de la crise. Une certaine amertume se ressent dans les propos du journal flamand: "on rirait si on n'était pas en train de pleurer".

L'Echo souligne un problème déjà largement soulevé : le rôle de l'Union européenne dans cette crise énergétique. Comme le disait Het Gazet Van Antwerpen, les gouvernements ont déjà fait ce qu'ils pouvaient. Mais ce ne sera pas suffisant et c'est ainsi que beaucoup risquent de "rester sur leur faim", comme le dit le quotidien. "Avec ce Codeco, les autorités auront donc surtout fait acte de présence", conclut le journal.

Sudinfo estime qu'"on est clairement au tout début du grand plan" menant à la baisse du coût de l'énergie. Au cœur de l'Europe, la Belgique serait le "dindon de la farce", déclare le journal. Là où d'autres pays font baisser leur facture par tous les moyens et ont pu faire "sauter le verrou", la Belgique peine à réduire l'ampleur des dégâts. "Au carrefour de toutes les connexions énergétiques", il s'agira pour la Belgique de trouver un moyen pour faire cesser la concurrence des prix en train de s'installer entre pays européens, selon l'édito de Sudinfo.

"Les autorités ont décidé de ne (presque) pas décider", déplore L'Avenir. Selon le journal, il restait encore à trouver un "remède" à la détresse des entreprises, des artisans, etc. Ce remède n'aura pas été trouvé et il ne reste maintenant plus qu'à croire en notre Premier ministre et en nos experts qui doivent encore "imaginer les solutions". Comme La Capitale l'a fait, L'Avenir appelle avec une certaine ironie à garder espoir envers nos représentants.

De son côté, De Standaard critique un "aveu d'impuissance" caché derrière les propos d'Alexander De Croo. "Le Comité de concertation a dû faire preuve d'esprit de décision", ironise le journal en déplorant l'inaction politique, face à la joute que les représentants politiques se livrent entre eux et celle de nos voisins à travers les frontières alors même qu'une solidarité internationale -essentielle- est réclamée. L'Europe est ainsi en train d'arriver "au bord de l'abîme", reste à voir si elle arrivera à rectifier le tir avant de sombrer, se questionne le journal flamand.