Marc Uyttendaele égratigne Rajae Maouane: "Je suis effaré par la manière dont elle s'est justifiée"

L'avocat et constitutionnaliste était invité ce vendredi dans l'émission de Maxime Binet sur LN24.

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La publication d'une interview de la co-présidente d'Ecolo Rajae Maouane dans un manuel scolaire a créé la polémique ce jeudi. Si Rajae Maouane s'est défendue, la ministre de l'Éducation Caroline Désir a annoncé l'ouverture d'une enquête administrative pour vérifier si le contenu du manuel scolaire était conforme au prescrit légal en la matière.

En attendant, l'affaire a fait beaucoup de bruit au sein de la classe politique et plus largement. Dans son émission "Il faut qu'on parle" de ce vendredi, Maxime Binet est revenu sur la polémique.

L'avocat et constitutionnaliste Marc Uyttendaele était notamment présent sur le plateau de LN24 et n'a pas mâché ses mots (à voir à partir de 30 minutes sur la vidéo ci-dessus). Pour lui, il y a eu une "violation flagrante du principe de neutralité".

Quand on lui demande s'il s'agit ici de propagande politique au sein de l'école, Marc Uyttendaele répond: "C'est clair et c'est avoué en fait puisque l'intéressée, quand elle essaie de se justifier - mais quelles justifications! - explique qu'elle trouvait important de faire connaître qui elle était, quelles étaient ses idées, son parcours... Le terme propagande n'est pas forcément péjoratif mais il devient extrêmement péjoratif quand il heurte un principe constitutionnel qui est le principe de neutralité. Ce qui est le cas ici."

"La ministre de l'Education dit qu'elle va faire une enquête approfondie. Je ne sais pas où il va falloir trouver la profondeur parce que ça saute aux yeux. C'est clair que l'interview d'un responsable politique n'a pas sa place dans un manuel scolaire", ajoute encore le constitutionnaliste.

Marc Uyttendaele explique en outre avoir été choqué par les justifications de la coprésidente d'Ecolo qui, pour rappel, a déclaré qu'elle ne pensait pas être la seule personnalité politique interrogée: "C'est ça le plus stupéfiant. Moi j'étais encore plus étonné et plus effaré en lisant la manière dont elle s'est justifiée par rapport au fait lui-même. [...] Alors, il y a deux manières de voir les choses: ou bien c'est conscient et c'est extrêmement grave. Ou bien c'est inconscient et ça ne l'est finalement pas moins parce que c'est une responsable politique importante, c'est une présidente de parti qui manifeste ainsi une légèreté, une incompréhension absolue de quelque chose qui paraît évident à tout le monde."