De Croo appuie les propos de Charles Michel sur la crise énergétique: "Une action au niveau européen au printemps aurait pu limiter la casse"

A l'issue du comité de concertation énergie de la semaine dernière, le gouvernement s'était tourné vers l'UE, à qui Charles Michel, le président du Conseil européen, a reproché d'avoir tarder à agir. Le Premier ministre belge a renchéri ce lundi.

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Les "cinq à dix hivers difficiles" prédits par Alexander De Croo le 22 août dernier deviennent au fil des jours un slogan: "avec une bonne gestion, on peut limiter (les difficultés) à cinq ans. Avec une mauvaise gestion, ce sera peut-être dix", a estimé le Premier ministre lundi dans une intervention face aux diplomates belges lors des "Journées de contact diplomatiques", à Bruxelles.

On a beaucoup parlé du gouvernement allemand, qui a annoncé durant le week-end débloquer pas moins de 65 milliards pour soutenir le pouvoir d'achat des ménages. En Belgique, le comité de concertation "énergie" n'avait pas abouti à de grandes annonces. Mais le Premier ministre rejette une comparaison qui, selon lui, trompe. "Ce que l'on fait en Belgique est comparable à l'Allemagne. L'indexation (des salaires, etc.), on n'en parle pas, or, ce n'est pas gratuit".

Le libéral a repris à son compte les regrets (ou reproches ?) exprimés par un autre libéral, Charles Michel, ces derniers jours. "Une action décisive" au niveau européen "au printemps (dernier) aurait pu limiter la casse sur le marché de l'électricité", affirme-t-il. Reste donc à attendre l'initiative de la Commission européenne pour réformer le marché européen de l'électricité et tenter de le détacher des prix du gaz. Cette dernière a rejeté tout retard lundi, renvoyant via son porte-parole à "l'extrême complexité de la question énergétique et des sensibilités".

"Cela aurait dû se faire plus tôt, et c'est dommage que cela ait pris autant de temps", affirme pourtant Alexander De Croo.

Si la crise est dévastatrice (on risque "une désindustrialisation massive", indique le Premier), il y a aussi une "bonne nouvelle": l'accélération d'une éventuelle indépendance vis-à-vis des sources russes d'énergie fossile. Si on réalise "les bonnes étapes", les principales économies européennes pourraient se détacher du gaz russe dans "les prochains mois", pense le libéral.

"Le moment où l'on pourra dire à Poutine 'gardez votre gaz et votre pétrole, nous n'en avons plus besoin', sera un grand moment".