Maxime Prévot: "Il faut arrêter d'utiliser l'Europe comme cache-sexe permanent de ses propres turpitudes"

Maxime Prévot, président des Engagés, était l'invité de Martin Buxant sur LN24.

La Rédaction (avec Belga)

Le bourgmestre de Namur et président des Engagés, Maxime Prévot, a mis jeudi en garde contre la dégradation des finances communales due à la hausse de l'inflation causée notamment par la flambée des prix de l'énergie et qui pourrait conduire à des licenciements parmi le personnel des villes et communes. "Il faut être très clair. Aujourd'hui, les villes et les communes sont en train de basculer vers le néant au niveau des finances", a-t-il affirmé sur le plateau de la chaîne d'information en continu LN24 dont il était l'invité.

Il a cité l'exemple de Namur, la ville qu'il dirige en coalition avec le MR et Ecolo. "Namur est une ville qui s'est bien comportée sur le plan financier. Il y a deux ans encore, on était à l'équilibre, avec des réserves. Avec maintenant le Covid, les inondations (de l'été 2021, ndlr), l'inflation des coûts des matériaux qui hypothèque la participation à des chantiers, les indexations successives (des salaires, dont quatre sont attendues) qui font exploser le coût salarial, plus le coût énergétique. Tout le monde est en train de basculer dans le rouge", a dit M. Prévot.

"Il faut être très attentif parce que sans mesure radicale, on va risquer d'être contraint à des plans de licenciement" du personnel", a-t-il ajouté. Selon M. Prévot, "n'importe quel bourgmestre, quelle que soit sa couleur politique" a les mêmes préoccupations. Il a ainsi fait référence à son homologue d'Andenne, Claude Eerdekens (PS), qui avait appelé mercredi, dans les colonnes du journal 'L'Avenir', les communes à un "soulèvement municipaliste" pour faire bouger le gouvernement fédéral en leur faveur.

"Il faut faire la grève. Il faut à un moment donné cesser de réaliser des prestations pour le fédéral. Il faut toucher le fédéral et la Région là où la corde est sensible. Il faut avoir la volonté de mener un combat de rupture', avait ajouté M. Eerdekens, bourgmestre depuis près de 50 ans.

Maxime Prévot a pressé les autorités belges à prendre des décisions, plutôt qu'à se reposer sur l'Union européenne. "Il faut arrêter d'utiliser l'Europe comme cache-sexe permanent de ses propres turpitudes", a-t-il plaidé. "Il est possible pour un Etat d'agir seul en matière de plafonnement des prix. D'autres l'ont fait."