Des agents du parlement wallon dénoncent les pratiques du greffier dans une lettre: "Le monde politique a fermé les yeux sur ces abus de pouvoir"

52 agents du Parlement wallon ont envoyé un courrier à toute l'assemblée ce jeudi matin.

La rédaction
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La tension est montée d'un cran ce jeudi matin au Parlement wallon ! Après la plainte pour harcèlement, déposée ce lundi à l'auditorat du travail de Namur contre le greffier du parlement wallon Frédéric Janssens et contre les cinq membres du Bureau du parlement (Jean-Claude Marcourt (PS), les vice-présidents Jacqueline Galant (MR) et Manu Disabato (Ecolo) et les secrétaires Sophie Pécriaux (PS) et Sybille de Coster-Bauchau (MR)), un courrier non-signé a été envoyé à tous les membres de l'hémicycle wallon afin de décrire le "climat de terreur qui règne".

Il a été envoyé ce jeudi matin, deux jours après la réponse du Bureau, qui a annoncé après 5 heures de réunion de crise qu'"aucune mesure radicale" n'allait être prise.

En colère, de nombreux agents du parlement wallon (ndlr: 52 d'après Le Soir) ont envoyé un courrier à toute l'assemblée dans le but de mettre en lumière les mauvaises pratiques du greffier Frédéric Janssens. Mais aucune signature ne se trouve sur le dit-courrier "par crainte de mesures de représailles et d’intimidation de la part de M. Janssens".

Nos confrères du Soir ont mis la main sur ce courrier dans lequel est dépeint Frédéric Janssens. "L’autoritarisme de M. Janssens, ses pressions, ses menaces, ses colères, ses insultes, ses humiliations ainsi que sa violence psychologique – et parfois physique – ont instauré une ambiance délétère, un climat de terreur et une résignation au mutisme qui impactent notre travail au service des parlementaires et des citoyens, et, au-delà même, notre vie privée ainsi que notre santé psychique et physique. Depuis des années, nous sommes les témoins impuissants du départ précoce ou de la chute soudaine de nombreux collègues durablement abîmés psychologiquement par un management toxique", lit-on.

"Le monde politique a fermé les yeux pendant trop longtemps sur ces abus de pouvoir qui durent depuis plus d’une décennie, dont il avait pourtant parfaitement connaissance, et nous ne pouvons plus l’admettre", poursuivent les signataires, qui demandent aux politiques de prendre leurs responsabilités.

Le Bureau se réunissait ce jeudi à 9H30. Nul doute que ce courrier se retrouvera au centre des discussions.

Le Bureau se réunissait ce jeudi à 9H30 et a pris la décision de suspendre le greffier du parlement pour une durée de six mois. Une note envoyée au personnel de l'assemblée en fin de matinée pour diffuser la nouvelle. "Le Bureau souhaite, au départ de cette décision, pouvoir développer avec l'ensemble du personnel un dialogue permettant à chacun de pouvoir librement et en toute transparence participer à cette amélioration du climat social", peut-on lire dans le courrier que La Libre Belgique s'est procuré.

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