Menaces envers Vincent Van Quickenborne: "Nous ne plierons jamais face à la violence. Jamais"

Le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne est placé sous sécurité renforcée, après avoir reçu des menaces. Plusieurs personnes ont été arrêtées.

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Menaces envers Vincent Van Quickenborne: "Nous ne plierons jamais face à la violence. Jamais"
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"En démocratie, dans notre État de droit, nous ne plierons jamais face à la violence. Jamais", a réagi samedi le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne, qui a vu sa sécurité renforcée en raison de menaces pesant sur sa personne. S'il s'agit de menaces le visant lui, "exclusivement, en tant que ministre de la Justice", Vincent Van Quickenborne a déploré le poids que cette situation faisait peser sur sa famille et demandé à ce que leur vie privée soit respectée. Le ministre s'est d'abord voulu rassurant: "Ma famille et moi allons bien et sommes entre de bonnes mains", a-t-il écrit sur ses réseaux sociaux.

Samedi matin, le parquet fédéral a annoncé que la sécurité autour du libéral flamand était renforcée en raison de menaces jugées sérieuses envers le politicien. Une enquête a été ouverte et trois personnes ont été interpellées aux Pays-Bas, dans la nuit de vendredi à samedi. Ces interpellations ont été menées à La Haye, a confirmé samedi midi le parquet néerlandais, sans fournir de détails sur l'identité des suspects.

Selon la VRT, il s'agirait d'une tentative d'enlèvement ourdie par le milieu de la drogue. De son côté, Het Laatste Nieuws ajoute que des armes à feu ont été découvertes à l'intérieur d'un véhicule immatriculé aux Pays-Bas et repéré devant le domicile du ministre à Courtrai.

Dans son message, le ministre a remercié les services de sécurité pour leur "travail rapide et professionnel". "Nous pouvons compter dans notre pays sur des personnes compétentes qui travaillent jour et nuit à assurer notre sécurité. Ce qu'elles ont encore fait aujourd'hui", a-t-il salué. M. Van Quickenborne en a profité pour souligner le dévouement des services de police et judiciaires qui luttent quotidiennement contre le crime organisé. "Cette fois, c'est moi qui ai été ciblé. Hélas, c'est la réalité à laquelle (ces agents) sont régulièrement confrontés (...), des patrouilles de police aux procureurs fédéraux", "en tout anonymat".

Le ministre s'est voulu très clair: "les personnes impliquées récolteront les effets contraires à ceux escomptés", a-t-il lancé. La situation "me conforte dans ma conviction qu'il faut continuer à lutter. Les criminels se sentent acculés, et c'est légitime. Car nous continuerons de combattre le crime organisé, avec plus d'effectifs et de moyens qu'auparavant."

Si la situation n'est "pas agréable", M. Van Quickenborne devra annuler sa participation aux prochains événements prévus à son agenda.

Enfin, le ministre a eu un mot pour sa famille. "En tant que père, ma principale préoccupation en ce moment concerne mon épouse et mes enfants. Ils n'ont rien demandé mais doivent tout de même en subir les conséquences. Tout parent comprendra que c'est un lourd tribut."

"Totalement inacceptables"

De son côté, le Premier ministre Alexander De Croo a réagi. Les menaces visant le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne, sont "totalement inacceptables", a-t-il déclaré auprès de Belga. "Soyons cependant clairs: nous ne nous laisserons intimider par personne. Le travail continue", a ajouté le libéral flamand, alors que la sécurité a été renforcée autour de M. Van Quickenborne. Le Premier ministre a ajouté avoir contacté son ministre de la Justice (Open VLD) et compatir également avec sa famille. Alexander De Croo a en outre remercié les services de renseignement et de sécurité belges et néerlandais pour leur collaboration.

"Merci aux services de sécurité pour leur réponse rapide et professionnelle. Je suis la situation de près, avec eux", a pour sa part réagi, sur Twitter, la ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V) en qualifiant elle aussi les menaces d'"inacceptables".