Le gouvernement flamand trouve un accord sur le budget 2023, un crash évité

Le CD&V a fini par accepter la proposition sur le budget "afin d’éviter le chaos".

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Deux tweets libérateurs. Deux messages envoyés par Sammy Mahdi, le président du CD&V, peu après 17 h 30 mercredi, ont permis d'éviter de plonger le gouvernement flamand dans l'inconnu. "Nous approuverons le budget. Il y a dedans de bonnes mesures portant sur l'accueil de la petite enfance, la prise en charge des aînés, la défense des intérêts des classes moyennes. Il nous a coûté de la sueur, du sang et des larmes. Nous prenons nos responsabilités et tout le reste, la m…. avec. Le CD&V n'abandonne pas le citoyen flamand. Ils ont besoin d'aide, pas de chaos. Ce qu'il y a de mieux, ce sont les allocations familiales indexées pour 1,6 million d'enfants. […] À partir du moment où le bien-être de 6,6 millions des Flamands est en danger, il faut passer à l'action."

Crash évité

Depuis l’échec des négociations lundi, on craignait le pire. Beaucoup se posaient la question : jusqu’où ira le CD&V ? À 18 mois du prochain scrutin, a-t-il intérêt à laisser pourrir la situation sur le front flamand ? Les scénarios les plus surréalistes circulaient ces derniers jours. L’impasse semblait totale. Mais il fallait trouver une solution à tout prix. Face à cet enlisement, Conner Rousseau, le président de Vooruit, a même proposé l’aide de son parti. Les socialistes se disaient prêts à soutenir toute proposition gouvernementale destinée à garantir le pouvoir d’achat des citoyens.

Puis tout à coup, le ciel flamand s'est éclairci. Le CD&V a finalement plié "pour éviter une crise et le chaos total en Flandre". Sammy Mahdi a déclaré "n'avoir subi aucune pression afin de donner le feu vert à un accord". Les ministres CD&V Jo Brouns et Benjamin Dalle se sont dits "très fiers" de l'accord intervenu. Jan Jambon, ministre-Président N-VA, n'a pas caché sa grande satisfaction.

Egbert Lachaert, le président de l’Open VLD, a déclaré que la raison l’avait emporté. Selon lui, la prime à l’emploi, l’aide aux entreprises et un montant plus important des allocations familiales profiteront à tous les Flamands. Bart De Wever a tweeté ses félicitations au ministre-Président et à son équipe.

Selon Jos D'Haese (PVDA), l'accord "aggrave encore la crise du pouvoir d'achat. La N-VA obtient ce qu'elle veut et ce sont les plus faibles revenus qui paient l'addition".

Que prévoit précisément l’accord flamand ? Pas moins de 4 milliards d’euros seront consacrés à des mesures de lutte contre la crise énergétique et un milliard à des prêts aux entreprises. Le plafond de l’indexation du montant de base du paquet de croissance est à nouveau porté de 1 à 2 %. En outre, tous les enfants recevront une allocation unique de 100 euros en 2022 et 2023. Le groupe cible des suppléments sociaux sera étendu de 30 000 à 80 000 enfants, soit environ 10 % du total. Le coût de ces ajustements passera de 160 millions d’euros en 2023 à 230 millions d’euros en 2027.

Pour les entreprises, il y aura une enveloppe de 250 millions d’euros de subventions, conditionnée à des investissements dans les économies d’énergie. Les entreprises recevront un milliard d’euros de prêts et de garanties pour les aider à surmonter la crise énergétique.

La prime à l’emploi sera prolongée. Le plafond sera porté à un salaire mensuel brut de 2 900 euros. Le montant annuel maximal de la prime passe de 600 à 700 euros. L’indexation des loyers sera limitée. Seuls les propriétaires de bâtiments affichant un très bon score énergétique seront autorisés à répercuter l’index complet.