Ecolo interpelle la secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration: "On ne peut laisser un enfant dormir dans la rue"

Le groupe Ecolo-Groen à la Chambre a demandé mercredi à la secrétaire d'État à l'Asile et la Migration, Nicole de Moor, de mettre en œuvre des mesures d'urgence pour éviter que des mineurs ne doivent dormir dans la rue.

Ecolo interpelle la secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration: "On ne peut laisser un enfant dormir dans la rue"
©PHOTONEWS

Fedasil, l'Agence fédérale pour l'accueil des demandeurs d'asile, a confirmé que, la veille, une vingtaine de jeunes n'ont pas pu obtenir de place d'accueil. Il n'y a plus de place pour les mineurs non accompagnés, concède l'Agence qui a pourtant ouvert 1.000 lits supplémentaires sur l'année écoulée.

"Cette crise de l'accueil était déjà une honte pour l'État de droit, mais laisser aujourd'hui des enfants dormir dans la rue est tout simplement intolérable", a dénoncé le député Simon Moutquin. La veille, le vice-Premier ministre Georges Gilkinet s'était également manifesté dans ce sens en appelant à la mise en œuvre de solutions d'urgence.

Les écologistes demandent que des places d'urgence en logements privés (hôtels, auberges de jeunesse,...) soient immédiatement proposées pour que des personnes vulnérables n'aient pas à dormir dehors ces prochains jours, à l'approche de l'hiver.

Pour sortir de la crise globale de l'accueil, Ecolo rappelle ses propositions: activation de la phase fédérale d'urgence pour une réponse rapide et coordonnée, affectation des maisons de retour à l'accueil, départ volontaire de certains demandeurs d'asile des centres moyennant une compensation financière, sortie plus rapide de demandeurs avec un certain profil issu de pays où le retour n'est pas possible en leur accordant un statut temporaire, etc.

Aux yeux du CD&V, parti de la secrétaire d'État, les Verts en viennent à prôner de facto une régularisation collective des Afghans qui se trouvent en Belgique, une politique à laquelle ils s'opposent. "C'est quand même bizarre que ces partis défendent une semaine l'indépendance du Commissariat Général aux Réfugiés et Apatrides (CGRA, qui se prononce sur les demandes d'asile) et, l'autre semaine, estiment que la secrétaire d'État doit accorder un droit de séjour à tout qui a reçu une décision négative venant d'une instance indépendante. Cela n'aura d'autre effet que d'accroître la pression sur l'asile dans notre pays", a affirmé le député Franky Demon.

Les chrétiens-démocrates rejettent également l'idée d'accueillir des demandeurs dans des hôtels. Les places actuelles, qui sont vides, doivent être occupées, a souligné le député qui a visé le cas du centre d'accueil temporaire de Berlaar (province d'Anvers) qui dispose encore de 400 places disponibles.

La secrétaire d'État a déjà fait savoir que les demandeurs d'asile qui disposent d'un contrat de travail de longue durée devaient quitter le réseau Fedasil afin de libérer des places d'accueil. Elle a également mis sur la table du gouvernement un plan hivernal destiné à faire face à l'afflux de demandeurs d'asile.