Prolongation du nucléaire : "Je travaille sur des pistes réalistes"

La ministre fédérale de l’Énergie, Tinne Van der Straeten, a fait remarquer vendredi qu’elle travaillait sur "des pistes réalistes" alors que dans la majorité Vivaldi des voix se font entendre pour prolonger plus de deux réacteurs nucléaires.

ANTWERPEN, BELGIUM - OCTOBER 18 :  Energy minister Tinne Van der Straeten (Groen) speaks at the launch of .the federal hydrogen strategy,government's ambition is to make Belgium a European crossroads for energy (LNG, electricity and hydrogen). Our Belgian companies play a central role in this as true pioneers. Thanks to their knowledge and expertise, they are at the forefront worldwide. For example, our country is investing in Europe's first energy island, in additional offshore wind turbines, in strengthening our LNG capacity and in our hydrogen infrastructure. In response to the energy revolution taking place on our continent,
. on October 18, 2022 in Antwerpen, Belgium, 18/10/2022 ( Photo by Bert Van Den Broucke / Photonews
La ministre de l'énergie, Tinne Van der Straeten (Groen), prend la parole lors du lancement de la stratégie fédérale en matière d'hydrogène., le 18 octobre à Anvers. ©BVB

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"Je travaille sur des pistes réalistes. En ce qui concerne le nucléaire, c’est Doel 4 et Tihange 3, les deux centrales les plus robustes. Pour les autres centrales, il y a eu des remarques du régulateur de la sécurité, l’AFCN. Je ne vais pas perdre mon temps non plus avec des pistes qui ne sont pas faisables", a ajouté Mme Van der Straeten (Groen).

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Dans le cadre de ses discussions budgétaires, le gouvernement fédéral a confié à Elia et à la Commission de Régulation de l’Électricité et du Gaz (CREG) le soin d’analyser toutes les "options supplémentaires" pour renforcer – si nécessaire – la sécurité d’approvisionnement du pays jusqu’en 2030. Parmi ces options, figure le nucléaire. Aux yeux du MR, du CD&V et de l’Open Vld, cela signifie que plus de deux réacteurs pourraient être maintenus après 2025.

"La sécurité d’approvisionnement vient en premier lieu et, pour cela, aucune source n’est exclue", a confirmé vendredi la ministre.

À l’entendre, la prolongation d’autres réacteurs que ceux de Doel 4 et Tihange 3 négociée actuellement paraît pour le moins compliquée. L’Agence fédérale de Contrôle nucléaire (AFCN) a rappelé mardi à la Chambre qu’une "long term operation" (LTO, dans ce cas une prolongation) requérait "des années de préparation".

Récemment, l’Agence s’est montrée récemment très critique à propos de la demande de la ministre de l’Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V), de reporter certains travaux à Doel 3, premier réacteur à avoir été arrêté, et a répondu négativement à la demande de report de deux mois de l’arrêt de Tihange 2, prévu en février. Qui plus est, ces deux installations ont fait parler d’elle sous la législature précédente en raison des "microbulles" ou "microfissures" constatées sur leur cuve. Quant aux réacteurs de Doel 1 et 2 et Tihange 1, comme ils sont de conception ancienne, une LTO nécessiterait un "effort énorme", selon l’AFCN.

Mme Van der Straeten s’est montrée discrète sur les négociations en cours avec Engie. L’issue est attendue à la fin de l’année. "Il y a vraiment urgence car on compte sur ces deux réacteurs pour l’hiver 2026-2027", a souligné la ministre.

Un accord demeure l'"option préférentielle" mais, dans la majorité, en une semaine, le président du PS, Paul Magnette, et celui de l’Open Vld, Egbert Lachaert, ont averti que le groupe énergétique pouvait aussi être contraint à exécuter les plans décidés par l’autorité publique.