Un syndicat de police réclame la démission de Vincent Van Quickenborne : "Je comprends que les gens soient émus, mais l'enquête doit être menée"

Les syndicats de police ont fait part de leur colère et de leur déception suite au drame survenu ce 10 novembre.

Justice Minister Vincent Van Quickenborne pictured during a press conference after the federal government reached an agreement on the budget and the government's policy plans next year, in Brussels, on Tuesday 11 October 2022.
BELGA PHOTO ERIC LALMAND

Ce jeudi soir, Thomas, un policier de 29 ans, a perdu tragiquement la vie à la suite d'une attaque au couteau par un ancien détenu radicalisé. Un triste événement qui a profondément traumatisé tout le pays et les syndicats de police en particulier. "La violence contre la police est inacceptable", a indiqué le front commun syndical CSC-Police dans un tract, exigeant davantage de respect pour la police, également de la part du gouvernement fédéral et de la justice.

Le syndicat ACV Police a lui aussi réagi avec colère. “Incompréhensible! Une violence lâche à l’encontre de notre collègue. Bon courage à sa famille et à ses collègues! Selon les informations qui nous parviennent, cet imbécile (sic) a signalé à la police qu’il voulait commettre un attentat contre la police. Mais la justice n’a pas jugé bon de l’arrêter. Honte à vous! Honte à vous! Honte à vous! Honte à vous! Honte!”, écrit ACV Police sur Facebook. “Bonjour Vincent Van Quickenborne? Une fois de plus, le décalage entre les paroles et les actes ne pourrait être plus grand.”

Carlo Medo, président national du syndicat de police NSPV, a fait part de sa déception à nos collègues de VRT NWS : “Nous sommes furieux, tristes et très déçus. Nous exigeons enfin des mesures décentes. Nous ne pouvons vraiment pas vivre maintenant avec ce qui se passe dans ce pays ces dernières années: la violence contre la police atteint des niveaux sans précédent. Il faut vraiment que cela cesse. (...) Si notre ministre de la Justice est menacé, un demi peloton est prêt. Et à juste titre. Mais qui se tient aux côtés de nos policiers lorsque des violences insensées sont commises", a -t-il déclaré.

Vincent Van Quickenborne réagit

Des attaques auxquelles le principale intéressé a réagi, comme le rapportent nos confrères de 7sur7. "Juste après ma nomination en novembre 2020, j’ai annoncé une directive de tolérance zéro pour les violences contre la police. La directive signifie que dès qu’il y a violence contre la police entraînant au moins un jour d’incapacité de travail, il doit y avoir des poursuites systématiques. Le suspect doit être mis en contact avec un magistrat (...) Je suis en contact avec tous les chefs de police bruxellois et leur ai demandé de me prévenir si de tels cas sont classés sans suite. Cela ne m’a jamais été signalé. Je peux vous assurer que, entre autres, le chef de la zone de police Bruxelles-Nord, M. Slosse, mais aussi le chef de police de Bruxelles, confirment très explicitement que la directive tolérance zéro est bien respectée par le pouvoir judiciaire", a-t-il déclaré.

Le ministre de la Justice pourrait-il présenter sa démission suite aux récents événements comme semblent le demander les syndicats, rien n'est moins sûr. “Je comprends qu’il y ait beaucoup d’émotion parmi le public et certainement parmi la police. Je comprends que les gens soient émus. Mais ce qui doit se passer maintenant, c’est que l’enquête soit menée. Il doit y avoir une transparence totale. J’ai demandé au procureur général de Bruxelles, qui supervise le parquet de Bruxelles, de me faire un rapport sur tout ce qui s’est passé. Et lundi, je me rendrai au Parlement avec ma collègue Verlinden pour tout expliquer", a-t-il fait savoir.

Les commissions de l'Intérieur et de la Justice de la Chambre tiendront lundi après-midi une réunion extraordinaire qui sera consacrée à l'attaque. Une manifestation nationale contre les violences visant la police sera également organisée le lundi 28 novembre prochain à Bruxelles.