Policier tué à Schaerbeek : "La tolérance zéro est là", assure De Croo, Bouchez plaide pour un comité P de la magistrature

Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a rappelé jeudi la proposition de son parti de créer un organe de contrôle de la justice, à la manière du comité P qui contrôle les services de police.

 Georges-Louis Bouchez

Lundi, le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne, a donné aux députés des explications sur le meurtre d’un policier la semaine passée à Schaerbeek sur la base d’un rapport rédigé par le procureur général de Bruxelles, Johan Delmulle. Selon lui, le parquet de la capitale a agi de manière "professionnelle et responsable". Il s’est par contre interrogé sur le peu de communication entre la police et l’hôpital Saint-Luc où l’auteur présumé des faits, Yassine M., fiché par l’OCAM comme extrémiste potentiellement violent, a été conduit.

Le président des libéraux francophones a répété au micro de Bel RTL ses interrogations sur le travail des magistrats du parquet dans ce dossier. À ses yeux, ils disposaient d’éléments suffisants pour priver de liberté Yassine M. par un moyen ou un autre comme cela a été fait dans des dossiers comparables. Il est donc "indigne", à l’entendre, d’essayer de faire porter la responsabilité sur les policiers voire sur l’hôpital.

"Sur la question de rendre des comptes, de savoir si la décision a été prise correctement, si l’on a suivi l’ensemble des règles, c’est en général uniquement le chef de corps. Cela pose question de n’avoir qu’un contrôle interne. Les justiciables peuvent s’adresser au Conseil supérieur de la justice pour un nombre très limité de sujets mais il n’y a pas de systématisation du contrôle. L’indépendance de la justice en démocratie, cela ne veut pas dire irresponsabilité", a souligné M. Bouchez.

"La tolérance zéro est là", assure De Croo

Le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) a assuré, avant les consultations avec les syndicats de police, que le gouvernement soutient pleinement la police. La tolérance zéro pour la violence à l’encontre de la police, dont on a beaucoup parlé, est appliquée, selon le Premier ministre. "Ce qui s’est passé est absolument dramatique et nous voulons qu’il soit bien clair que la police a notre soutien à 100 %. Nous voulons également indiquer les mesures que nous avons déjà prises, car les peines pour les violences contre la police ont été augmentées", a indiqué M. De Croo.

Les syndicats de police se sont plaints, après l’attaque de deux agents à Schaerbeek, que la tolérance zéro contre la violence policière est loin d’être toujours respectée. Trop souvent, les affaires impliquant des violences policières sont rejetées.

"La tolérance zéro est là", a précisé le Premier ministre. "Il faut distinguer les différents types de violence. Le ministère public a été très clair : la violence contre la police n’est pas acceptable et il devrait y avoir une tolérance zéro pour cela. C’est la politique que nous poursuivons. S’il y a des cas occasionnels où la tolérance zéro n’a pas été appliquée, nous devons examiner comment faire en sorte que ce soit le cas à l’avenir", a déclaré M. De Croo.

Enfin, il y a eu la question de la démission du ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open VLD). Cela ne semble pas être un problème. "Les gens devraient s’adresser directement les uns aux autres et non se parler dans la presse", a déclaré M. De Croo.