Le bénéfice de la crise du Ceta sur la popularité du ministre-Président wallon, Paul Magnette, est très relatif.  Analyse.   

A la première lecture du Baromètre La Libre/RTBF/Dedicated, on constate que la popularité de Paul Magnette (PS), ministre-Président wallon, n’a pas connu de poussée extraordinaire après la crise du Ceta (traité de libre-échange entre l’UE et le Canada auquel la Wallonie s’est opposée) qui, durant deux semaines, propulsa le Carolo sur le devant de la scène nationale et internationale.

Pourtant, affirmer qu’il n’en a absolument pas profité est sans doute un peu raccourci. Que constate-t-on ? Paul Magnette occupe la septième place du top 20 en Wallonie. Il était huitième il y a trois mois, huitième encore en avril 2016 et déjà septième en décembre 2015.

Cette septième place, il l’occupe pourtant en gagnant 3 %. La montée importante de Raoul Hedebouw (PTB) et les scores très proches de tous ceux qui le précèdent au classement l’empêchent de traduire cette progression de manière plus marquée. Et puis, depuis le Ceta, l’actualité internationale centrée sur la campagne aux USA et l’élection de Donald Trump a fortement renvoyé le Ceta vers le passé. Quant au CDH, on ne peut pas considérer raisonnablement qu’il ait pu profiter de quelque manière que ce soit d’un regain de popularité suite à cette crise.

Dans le Baromètre, à la question de savoir si le gouvernement wallon avait raison de s’opposer à la signature de ce traité, 41 % des gens considèrent que ce dernier était dans le bon. Vingt et un pour cent d’entre eux répondant que le gouvernement wallon avait "tout à fait raison" et 20 % considérant qu’il avait "plutôt raison". Si on se penche sur les origines régionales des répondants, c’est en Wallonie qu’ils sont les plus positifs puisque 61 % des wallons soutiennent leur gouvernement contre 55 % des Bruxellois et 26 % seulement des Flamands.

Si on se penche sur les 27 % de Belges qui considèrent que le gouvernement wallon avait "plutôt tort" ou "tout à fait tort", on constate que 39 % des Flamands se rangent à cet avis contre 17 % des Bruxellois et 10 % des Wallons. Pour information, 26 % des répondants précisent qu’ils n’ont pas suivi les négociations sur le Ceta.

De vraies améliorations

Le Baromètre interrogeait également les personnes sondées sur les améliorations éventuelles obtenues par le gouvernement wallon au bout des deux semaines de crise qui ont abouti à un accord intrabelge. Cinq pour cent des Belges considèrent que des améliorations ont été enregistrées (2 % en Flandre, 9 % à Bruxelles et 10 % en Wallonie), 24 % d’entre eux considèrent que des améliorations mineures ont été obtenues (22 % en Flandre, 29 % à Bruxelles et 26 % en Wallonie). Pour 21 % des Belges (17 % en Flandre, 21 % à Bruxelles et 26 % en Wallonie), le gouvernement wallon n’a rien obtenu mais a été contraint de valider le texte. Enfin, 19 % des Belges (25 % en Flandre, 14 % à Bruxelles et 10 % en Wallonie) considèrent que non seulement le gouvernement Magnette n’a rien obtenu mais qu’en plus il cherchait simplement à se mettre en valeur.

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