Le Premier ministre a justifié à la Chambre les mesures prises la veille avec les entités fédérées lors du comité de concertation. Il a également appelé à la solidarité entre les différents partenaires, alors que des voix discordantes se sont fait entendre au sein même de sa majorité, singulièrement au MR. "Quand la situation change, vous devez revoir vos plans et je n'ai pas de honte à le dire : si la situation a fondamentalement changé, je n'hésite pas à corriger les plans", a-t-il déclaré lors d'une séance avancée d'une heure afin de lui permettre de participer ensuite au sommet européen. "Et c'est cela que la population attend de notre part."

Face aux critiques, Alexander De Croo (Open Vld) a confirmé que l'ensemble des mesures avaient été validées mercredi par tous les ministres-présidents. "Je tiens aussi à respecter les accords, à défendre le résultat de cette concertation. C'est la seule façon d'aller de l'avant", a conclu le Premier ministre.

L'opposition est revenue sur les propos divergents entendus au sein de la majorité. "Ce n'est plus un comité de concertation, mais un comité de contestation", a lancé Catherine Fonck (cdH). "Y aurait-il deux MR, l'un qui siège au comité de concertation et l'autre qui gère les comptes Twitter?", s'est ironiquement interrogé François De Smet (DéFI). "Allez, prenez votre micro et dites 'on a losé'", a exhorté Raoul Hedebouw (PTB).


Les députés de la majorité ont défendu le travail du comité de concertation mais avec des accents différents.

Le chef de groupe des libéraux francophones, Benoît Piedboeuf, a d'emblée évoqué "une gestion erratique" de la pandémie, précisant toutefois son propos dans sa réplique. "Nous sommes dans un apprentissage par essai et erreur et on fait ce qu'on peut parce qu'on n'a pas la science infuse."


"J'en ai marre de ces jeux politiciens, marre de ces cavaliers fous", a de son côté lancé Hervé Rigot (PS).

Vandenbroucke interpelle une députée N-VA: "Allez-vous produire vous-même des vaccins?"

Le ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke (Vooruit) a de nouveau défendu la stratégie de vaccination belge à la Chambre. Il s'en est notamment pris à la députée N-VA Kathleen Depoorter : "Vous dites que vous auriez déjà vacciné tous les plus de 65 ans. Auriez-vous produit vous-même les vaccins dans votre pharmacie?" Frank Vandenbroucke était une nouvelle fois interrogé sur la campagne de vaccination. "Cela va trop lentement", a déploré Kathleen Depoorter. Egalement pharmacienne, l'élue nationaliste a demandé au ministre pourquoi, il y a quelques semaines, il n'avait pas accepté une offre du SII indien (Serum Institute of India) d'acheter jusqu'à un million et demi de doses du vaccin AstraZeneca. "La campagne de vaccination est trop lente. En vingt jours en Flandre, nous pourrions vacciner tous les plus de 65 ans."

Le ministre socialiste s'est montré quelque peu irrité par cette remarque . "Le virus met notre patience à l'épreuve, et j'ai aussi l'impression qu'il teste notre sens des réalités. Vous dites que vous auriez déjà vacciné tous les plus de 65 ans. Auriez-vous produit les millions et les millions de vaccins nécessaires dans votre pharmacie? De plus, selon AstraZeneca, l'offre de l'Inde était 'non conforme'", a poursuivi Frank Vandenbroucke. "Vous pensez que je devrais y participer? Êtes-vous sérieuse? Nous ne le ferons pas. Nous travaillons ensemble dans un contexte européen pour fournir des vaccins à la population."

Kathleen Depoorter a aussi soutenu que le ministre pourrait en faire davantage pour trouver des vaccins supplémentaires. «Bien sûr, je ne les fabriquerais pas dans ma pharmacie, mais je chercherais à les trouver, et j'enquêterais pour voir si ces vaccins en provenance d'Inde ne pourraient pas être bons."

Frank Vandenbroucke a alors qualifié ces propos de "fondamentalement contraires à l'éthique. Vous faites croire aux gens quelque chose qui ne l'est pas, vous dites des bêtises. C'est un peu facile de dire qu'on pourrait trouver des vaccins comme ça..."