À la veille du 1er mai, fête du Travail, les négociations pour un accord interprofessionnel (AIP) patinent sur la norme salariale (la marge d'augmentation des coûts salariaux). Hier soir, le dialogue entre les partenaires sociaux était au point mort et le gouvernement fédéral allait reprendre la main. Un dossier potentiellement explosif pour une coalition où on retrouve des partis de gauche et de droite. Ce matin déjà, tout le monde ne semblait pas comprendre l'accord de gouvernement de la même manière.

Invité sur les différents plateaux télé (LN24) et radio (La Première), le président socialiste Paul Magnette a dit qu'il s'attendait depuis le début à ce que ce dossier soit "difficile". "Quand une des parties refuse de négocier, comme c'est le cas ici vu que le patronat refuse de négocier purement et simplement, ça ramène le dossier sur la table du gouvernement et ça crée des tensions. Mais ce n'est pas parce qu'il y a des tensions qu'il y a une crise de gouvernement", a relativisé le Carolo.

Une scène qui a eu lieu hier au Parlement soutient, au moins en façade, l'idée d'un débat sain entre les membres du gouvernement. Le Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD), et le ministre de l'Economie, Pierre-Yves Dermagne (PS), ont répondu ensemble à onze députés à propos de cette rupture des négociations entre patrons et syndicats.

Mais ce matin, Paul Magnette n'a pas hésité à déclarer que sans accord social, "on (le PS) bloquera les salaires des patrons et les dividendes." "Avec le gouvernement Michel, c’était open bar pour les patrons. Maintenant, c’est fini. Les socialistes sont de retour", a prévenu Paul Magnette.

Une déclaration qui n'a visiblement pas plu au président du MR, Georges-Louis Bouchez. "Puis-je rappeler à Paul Magnette qu’il y a un accord de gouvernement ? Interdire les dividendes c’est priver l’Etat et les politiques sociales de plusieurs milliards d’euros de rentrées via ses participations et l’impôt", a noté le libéral. Avant d'ajouter : "courir derrière les populistes n’est jamais une bonne idée."


En coulisses, les partenaires se reparlent et la date-butoir du 1er mai ne semble plus d'actualité.