La formation d'extrême gauche est la première à appeler à la démission de M. Jambon, dans ce dossier remontant à une époque où l'intéressé était ministre de l'Intérieur et donc en charge de la police aéroportuaire.

"Jan Jambon a menti sur son implication (dans ce dossier) et change continuellement de version des faits. Le ministre-président n'est tout simplement plus crédible", a affirmé Jos D'Haese, chef de groupe PTB au parlement flamand, dans un communiqué.

"Que Jan Jambon se souvienne ou pas, il n'a rien fait pour éclaircir comment M. Chovanec a pu mourir après une intervention policière dans une cellule de l'aéroport de Charleroi", ajoute Gaby Colebunders, élu PTB à la Chambre.

"Cela fait deux ans et demi que la veuve de M. Chovanec attend des réponses", ajoute le parti, qui dénonce au passage les lenteurs de l'instruction judiciaire.

"Jan Jambon avait la possibilité de faire examiner l'intervention de ses services de police, mais il a négligé de le faire. Sans parler de la nécessité de prendre des mesures pour éviter de telles violences policières extrêmes à l'avenir. Il était responsable politique quand M. Chovanec a trouvé la mort, mais il a négligé jusqu'à présent d'assumer cette responsabilité", selon le PTB.

Jeudi, l'ancien ministre de l'Intérieur Louis Tobback (sp.a), qui avait démissionné en 1998 à la suite du décès de la Nigériane Sémira Adamu morte étouffée par des policiers lors de son expulsion, avait lui-même appelé M. Jambon à la démission.

Le ministre-président flamand est attendu mardi en commission de la Chambre pour s'expliquer, de même que Marc De Mesmaeker, l'actuel commissaire général de la police fédérale qui était à l'époque directeur général du secrétariat administratif et technique Intérieur (SAT, l'organe qui fait le lien entre la police intégrée et le cabinet du ministre de l'Intérieur) ainsi que la directrice d'Europol, Catherine De Bolle, qui était en 2008 commissaire générale de la police fédérale.