Le nouvel épisode d'une saga politico-judiciaire entamée en 2016. L'affaire Nethys a éclaté dans la foulée du scandale Publifin et des désormais célèbres comités de secteur de l'intercommunale, détenue par la province de Liège et plus de 70 communes. Fin 2016, plusieurs médias dont le Vif/L'Express révèlent la rémunération généreuse de mandataires politiques pour des réunions inutiles ou désertées.

Le Parlement wallon met alors en place une commission d'enquête qui finit par formuler plusieurs dizaines recommandations au terme de cinq mois d'auditions. Elle réclame notamment l'éviction des dirigeants dont Stéphane Moreau, une modification drastique du périmètre d'action de l'intercommunale ainsi que la vente de certaines filiales.

Publifin devient Enodia en novembre 2018 pour solder son passé mais sa holding Nethys prend sa place dans l'actualité. En 2019, la presse rapporte que le groupe a vendu ses actions dans les filiales Win et Elicio aux sociétés Ardentia Tech et Ardentia qui appartiennent au CEO de Mithra François Fornieri, entre-temps également devenu administrateur de Nethys.

Le gouvernement wallon se saisit du dossier et, en novembre 2019, il prend des arrêtés afin de casser ces ventes en raison de conflits d'intérêts, du manque de mise en concurrence ainsi que du montant dérisoire de certaines transactions. Parallèlement, le gouvernement transmet les pièces à la Justice et se constitue partie civile dans ce dossier.

En décembre 2019, les comptes des anciens dirigeants du groupe liégeois Stéphane Moreau, Pol Heyse et Bénédicte Bayer sont gelés sur la base d'une requête de la nouvelle direction. Celle-ci conteste le versement d'indemnités de sortie pour un total de plus de 15 millions d'euros, validé par le comité de nomination et de rémunération de Nethys composé de François Fornieri, Jacques Tison et Pierre Meyers.

La nouvelle direction de Nethys annonce également le dépôt d'une plainte contre Stéphane Moreau, Pierre Meyers et Marc Beyens. L'entreprise reproche à ses anciens dirigeants d'avoir utilisé de manière abusive les finances et le crédit de Nethys en lui faisant racheter les actions et créances qu'ils détenaient à titre privé dans la société congolaise EBI (pour Electricité du bassin d'Ivugha).

Cette semaine, enfin, l'enquête connaît un coup d'accélérateur avec les interpellations de Stéphane Moreau, Pol Heyse et Bénédicte Bayer par l'Office central de répression de la corruption, après celles de François Fornieri, Pierre Meyers et Jacques Tison. Ce dernier et le CEO de Mithra ont été placés sous mandat d'arrêt pour détournement par personne exerçant une fonction publique et abus de biens sociaux.