"On ne ferme pas les frontières", a insisté M. De Croo, interrogé par Peter De Roover (N-VA) et Kattrin Jadin (MR), élue germanophone dont les concitoyens sont particulièrement concernés par les déplacements transfrontaliers.

L'arrêté ministériel, qui contient les mesures de restriction prises pour lutter contre le coronavirus, comporte une liste "assez longue" de tous les déplacements transfrontaliers autorisés, a fait remarquer le chef du gouvernement.

Le Premier ministre a eu un contact avec le commissaire européen à la Justice, Didier Reynders. L'ex-chef de la diplomatie belge a rappelé lundi que des pays qui, comme la Belgique, allaient au-delà des recommandations de l'Union européenne en matière de restrictions sanitaires à la libre circulation devaient fournir "une explication très claire sur le caractère proportionné, nécessaire et non-discriminatoire" des mesures concernées.

"Si des pays veulent aller plus loin, ils doivent donner une justification", a confirmé M. De Croo. "Ce n'est pas une demande de justification supplémentaire. J'en ai parlé avec M. Reynders: son raisonnement, c'est que les arguments que nous avons donnés, notamment dans la conférence de presse après le comité de concertation, constituent une justification".

Le Premier ministre se montre confiant à propos de la réaction européenne. "A mes yeux, la justification est très claire: avant le congé de Noël, nous avons demandé de manière aimable mais insistante à la population de ne pas voyager. Malgré notre demande, un certain nombre de gens ont voyagé. Entretemps, nous savons via les tests que, parmi ces citoyens, une proportion assez élevée a contracté une mutation étrangère du virus. Comme la demande n'a pas eu assez d'effet, cela constitue une justification de nouvelles mesures, et j'ai cru comprendre que la Commission européenne ne nous demanderait pas de justification supplémentaire", a-t-il indiqué.

La police belge n'effectuera pas de contrôles fixes

Les forces de l'ordre n'ont pas l'intention de mener "des contrôles fixes" sur le respect de l'interdiction de voyager. Les polices de la route, aéronautique et ferroviaire effectueront par contre des contrôles aléatoires à différents passages frontaliers, a indiqué mercredi la police fédérale. Les voyages non-essentiels sont interdits depuis mercredi. Se déplacer hors de nos frontières est uniquement autorisé sous conditions, pour des raisons professionnelles, des motifs familiaux ou pour des personnes vivant près des régions frontalières. Toute personne partant en voyage doit également compléter une déclaration sur l'honneur, outre le formulaire PLF.

La police fédérale va donc prendre ses dispositions afin de contrôler le respect d'une telle interdiction. Mais l'objectif n'est pas de procéder à des contrôles fixes. Les différentes polices effectueront par contre des contrôles aléatoires lors de pics comme par exemples, cette journée de mercredi ou le début des vacances de Carnaval. Ces contrôles seront menés dans des proportions similaires à ceux effectués jusqu'ici pour contrôler si le formulaire a été rempli correctement, précise la police fédérale.