Le Premier ministre a pris la parole ce jeudi juste avant le Roi, pour revenir sur les derniers mois, marqués par la crise du coronavirus, et exprimer tous ses souhaits pour l'année qui vient de commencer. Alexander De Croo a surtout insisté sur la solidarité, avec nos pays voisins notamment, mais surtout entre les Belges et les différents niveaux de pouvoir du pays. Dans l'idée de la campagne de lutte contre le Covid-19 lancée par le gouvernement fin de l'année 2020, il a rappelé l'importance de l'unité au sein des autorités et de la population: "L’année écoulée nous a aussi appris que nous étions un pays résilient, capable de tenir contre vents et marées, et prêt à déplacer des montagnes. C’est cette force et cette résilience qui doivent nous guider dans les années à venir".

Il faut se projeter dans l'avenir maintenant, a-t-il martelé, tant en ce qui concerne la gestion de la crise du coronavirus en investissant dans les soins de santé, qu'en ce qui concerne les technologies ou de l'économie par exemple.

Voici son discours complet

"Sire, Mesdames et Messieurs, 2020 aura été une année difficile.

Une année, où trop de fois, nous aurons dû dire au revoir. Où l’incertitude s’est emparée de nos vies. Une année de difficultés et d’adversité.

La crise qui dure maintenant depuis près d'un an, plonge de nombreux Belges dans le désarroi, y compris psychologique. En effet, le combat est sans merci, à la limite de l’acharnement. Mais c'est une bataille qu’il nous faut gagner. Des semaines et des mois difficiles nous attendent encore, mais après avoir déjà fourni tant d’efforts, ce n’est pas le moment d’abandonner le combat. Car l’année écoulée nous a aussi appris que nous étions un pays résilient, capable de tenir contre vents et marées, et prêt à déplacer des montagnes. C’est cette force et cette résilience qui doivent nous guider dans les années à venir. Je tiens donc aujourd’hui à regarder droit devant avec vous.

Mesdames et messieurs, dès que l’heure de la réouverture aura sonné pour notre pays et notre économie, nous devrons encore être là. Sans hésiter.

Nous continuerons à soutenir les familles et les entreprises. Mais nous comptons aussi sur leur esprit d’entreprise, sur leur volonté d’aller de l’avant, de renouer avec la croissance. Nous comptons également sur les partenaires sociaux, sur leur capacité à parvenir à des accords productifs. Si l’époque que nous vivons nous a bien appris une chose, c'est que les divisions affaiblissent. En ce moment précisément, nous avons besoin de partenaires sociaux qui saisiront ce moment décisif, pour poser les fondements d'une économie renouvelée, où personne n’est laissé de côté.

Nous devons vraiment tout mettre en œuvre pour que chacun retrouve du travail au plus vite, l’emploi que l’on avait avant ou un nouvel emploi. C’est la raison pour laquelle le gouvernement investira en priorité dans les compétences, pour qu’après l’ère du corona, les gens soient plus résilients, plus forts.

Nous devons aussi nous projeter dans l’avenir. Et c’est ce que nous faisons en opérant la transition vers une société et une économie qui soient plus durables et plus numériques. Car c'est là que réside la prospérité du futur. Dans de nouveaux secteurs en plein essor, et dans les secteurs anciens qui osent se réinventer. La voiture, par exemple, fête son 135e anniversaire cette année. Mais le secteur automobile n’a pas pris une ride. Au contraire, il est au premier plan d'une révolution de la durabilité et d’une révolution numérique. Avec l'intelligence artificielle qui va bientôt prendre la place du conducteur. Avec la technologie des batteries, la technologie de l'hydrogène. De nouveaux matériaux.

Les ingrédients de l'avenir sont réunis. Avec son économie ouverte et sa solide base industrielle, notre pays doit donner forme à ces révolutions. Aujourd'hui, nous avons déjà l'une des plus grandes usines de voitures électriques d'Europe. Nous attirons des investissements supplémentaires, avec des milliers de nouveaux emplois à la clé. C'est cette dynamique de prospective et d'innovation que nous devons renforcer.

Au printemps, notre pays soumettra son plan d'investissement interfédéral à la Commission européenne. Je voudrais saisir cette occasion pour remercier expressément mes collègues des communautés et des régions pour leur contribution à ce dossier crucial. Grâce à une bonne coopération, nous disposerons bientôt d'un plan de relance belge solide. Un plan qui met l'accent sur les technologies pionnières comme l'hydrogène, et sur la production d'énergie durable. Mais aussi sur les services publics numériques, et la poursuite du développement du cluster de la cybersécurité dans notre pays. Un domaine dans lequel nous avons - discrètement - conquis une position européenne de premier plan ces dernières années.

Nous devons par ailleurs continuer d’investir dans les soins de santé, et surtout dans les personnes qui incarnent ces soins au quotidien.

Cette année, nous entamerons la mise en œuvre d’un vaste accord social dans les soins de santé. Un accord qui prévoit une hausse salariale de plus d’un milliard d’euros, comprenant des améliorations importantes sur le lieu de travail. Et, bien entendu, nous devons aussi continuer à innover dans les soins de santé. En investissant dans les technologies génétiques et dans eHealth. En collaborant avec des partenaires privés, des instituts de recherche et nos universités. Pour rester parmi les leaders dans le domaine du pharma et des vaccins – deux éléments que nous envie aujourd’hui le monde entier.

Mesdames et Messieurs,

Ce n'est pas un hasard si la Belgique et l'Europe sont aujourd'hui le berceau des premiers vaccins. Ce n'est pas un hasard si un couple turco-allemand est à l'origine de l’une des plus importantes percées médico-scientifiques de ces dernières décennies. C'est précisément en unissant nos forces, en embrassant la diversité, que nous serons les plus forts dans le monde complexe d'aujourd'hui.

Les meilleures idées naissent de l’union des cerveaux. Les meilleures équipes sont les équipes diversifiées, composées de personnes ayant des points de vue et des parcours différents, qui se mettent au défi et se complètent mutuellement. Il n'en va pas autrement pour notre pays. Si nous rassemblons la richesse des expériences et des idées de tous ceux qui le composent, jeunes et vieux, femmes et hommes, quelle que soit leur origine ou leur histoire, si chacun apporte le meilleur de lui-même, nous serons plus forts. Et capables de tout affronter.

Mesdames et Messieurs,

Dans notre pays, nous avons tout pour réussir dans le monde de l’après-coronavirus. L’humain est notre plus grande ressource, avec son talent, ses compétences. Mais le talent a besoin d’être encouragé. Telle est être notre mission. Voilà ce que nous, pouvoirs publics, devons apporter.

Au nom du gouvernement, je vous souhaite une meilleure année, une année où nous continuerons à nous soutenir mutuellement, l’année d’un nouveau départ ensemble."